Alice Hammer

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Le bien beau projet de Nomadnoos

Bonjour !

Je vous avais promis cet article avant l’été au moment de la sortie du châle Barbara, et puis il y a eu Club Tricot 3 à boucler, et le temps a passé, vous connaissez la suite.

J’ai rencontré Coty la fondatrice de Nomadnoos au salon de Cologne. Vous ne connaissez sûrement pas ce salon qui est une espèce de gros marché professionnel de la mercerie où les marques viennent montrer leurs nouveautés, et les merceries (ou autres) passer commande pour les saisons à venir (c’est la version simplifiée et en avance rapide). C’est un bon endroit pour les rendez-vous pro, c’est comme le festival de Cannes du tricot, tout le monde est au même endroit au même moment.

Bref. J’ai rencontré Coty à Cologne. et elle m’a proposé de tester un des fils de sa marque Nomad Noos dont je vais vous parler. Coty travaille depuis longtemps dans l’industrie textile. L’économie et les conditions de travail dont elle a été témoin au cours de ses expériences professionnelles lui ont donné envie de créer son entreprise. Son initiative est à contre-courant de ce ce fait dans le marché mais elle est complètement contemporaine de nos préoccupations éthiques et environnementales. Le textile est la seconde industrie la plus polluante au monde et personne ne peut ignorer les conditions de travail de la majorité des individus qui la composent.

L’industrie du tricot main, on a souvent tendance à l’oublier, reste une branche de l’industrie textile au même titre que le prêt à porter ou la production de tissus. Aujourd’hui on est très conscients de ce qu’on achète quand on rentre dans une enseigne de fast fashion, moins de tout l’historique derrière une pelote de laine et Coty a décidé de monter en parallèle sa marque de laines sourcées de A à Z afin de maîtriser son produit de l’élevage de la bête à la vente de la pelote ET une ONG qui permet de réaliser les projets nécessaires au bon fonctionnement de la marque.

Nomadnoos travaille avec des éleveurs nomades en Mongolie, mais pas n’importe comment. Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais on voit de plus en plus de fils à tricoter, ou de fils pour l’industrie d’ailleurs estampillés “élevé en Mongolie”, avec cachemire à gogo à la clé. Attention, tout n’est pas rose pour les éleveurs en Mongolie qui souffrent du réchauffement climatique qui déglingue le calendrier des températures et des pluies et neiges, et qui pâtissent également du boom de la demande en fils et donc de l’arrivée de l’élevage intensif. Coty travaille avec des associations d’éleveurs qui préservent l’environnement et garantissent un revenu décent (un revenu normal quoi) à leurs travailleurs.

La laine est ensuite acheminée vers le Népal où elle est filée à la main par du personnel qualifié, qui peut en vivre et travailler dans de bonnes conditions. La laine est ensuite teinte avec des teintures ZDHC (acronyme de “zero discharge of hazardous chemicals”, je pense que je n’ai pas besoin de traduire).

Enthousiasmée par le projet j’ai donc choisi la Sartuul parce que je ne connaissais pas du tout cette bête, mais comme je ne veux pas trop me répéter je vous mets le lien vers l’article écrit en juin au moment de la sortie du châle :

C’est un vrai honneur de travailler avec un fil qui a été filé à la main. C’est une expérience, je suis peut être cucul ou ravie de la crèche, mais j’ai trouvé que le fil a une sensibilité particulière. C’est un fil exigeant, qui dit filé main dit irrégulier avec des parties très fines et je n’ai pas osé me lancer dans un ouvrage périlleux. De toute façon le toucher du fil se suffi à lui même et je ne vois pas l’intérêt de faire un projet qui éclipserait les propriétés de la matière.

Je vous laisse aller voir le site de Nomadnoos et les modèles proposés en collaboration avec plusieurs designers qui ont comme moi eu envie de participer à ce beau projet.