C'est la rentrée !

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Bonjour ! Bonne rentrée à tous ceux et celles qui ont eu des vacances ! J'espère que vous êtes reposés et frais pour cette nouvelle année (pour moi le temps passe en années scolaires, j'ai du mal à me caler sur les années civiles) parce que je vais vous proposer bientôt plein de nouveautés !

L'été fut houleux, je ne sais pas si certains ou certaines entrepreneurs ici ont trouvé la formule pour concilier tentative de vacances et travail, si oui je veux bien vos témoignages ou la recette parce que chez moi ça a été très fatiguant. Je tiens d'ailleurs à présenter mes excuses aux testeurs et testeuses qui sont nombreux cet été et qui ont du attendre mes réponses et souffrir de l'organisation "été" de tout le monde.

J'ai quand même beaucoup tricoté ! Vous avez du voir passer beaucoup de fils BC Garn, il y a un peu de changement dans mon organisation de travail et je vais à présent penser plus en mini collections, afin de pouvoir vous proposer des parutions régulières online et imprimées (ceci était un gros spoiler) et je vous solliciterai sûrement (peut-être via des formulaires sur IG, ou ici par blog ou mail) pour savoir ce que vous attendez d'une parution Alice Hammer. La première version sera un peu test, j'espère que vous serez indulgents !

Vous avez peut-être entendu parler sur IG de la Lore, le nouveau fil de The Fiber Company qui est sortie cette semaine. Comme on s'aimeuh beaucoup on a décidé de la tester ensemble avec Enrico des Tricoteurs Volants, lui il a fait le pull de la force rose et moi le pull de la force de la moutarde, et on a tous les deux adoré ce fil et on va faire tester nos modèles sous peu pour viser une sortie mi octobre, parce qu'en plus le 14 octobre, c'est le retour du Tricot Market !

Pour les actualités sinon : - je suis en train de vous préparer un article sur toutes les façons de faire des emmanchures marteau - il y a un Kal organisé par Steatches et cathy_lina et je suis très touchée parce que le but c'est de tricoter un de mes patrons alors si le coeur vous en dit rendez-vous sur le forum dédié !

C'est un post bref, juste pour vous faire un petit coucou de rentrée, je dois retourner travailler !

A très vite !

PS : j'ai croisé une très gentille personne qui m'a reconnue grâce à mon gilet Mary dans les toilettes chimiques de la Route du Rock et je voulais m'excuser d'avoir dû filer, mes amis m'attendaient dehors (les WC n'étant pas l'endroit du festival le plus agréable pour se regrouper) alors si vous passez par là j'aurais été ravie de discuter avec vous !

 

Bonjour Balthus !

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Bonjour ! Je suis très heureuse de vous annoncer la sortie du Tee-Shirt Balthus ! Je vous l'avais déjà montré ici et sur Instagram, c'est un modèle réalisé avec la trop peu connue Bourrette Chinée de La Droguerie, qui pourtant est très intéressante car produite à partir de fibres 100% recyclées, non teintes après recyclage. C'est donc un fil quasiment non polluant, qui fait économiser eau et électricité par rapport à un fil classique.

Pour la construction, je suis dans ma période 50 shades of saddle shoulders, j'en fais par tous les bouts. Pour Balthus on commence par tricoter les pattes d'épaules, puis on travaille le tee-shirt en topdown. C'est un modèle ample (j'ai du mal à porter du collé serré l'été) avec des manches légèrement ballon parce que les manches ballon on aime ça.

Les kits sont disponibles en cliquant ici ou sur la photo, je vous rappelle que le fil n'est pas teint après avoir été filé, c'est à dire que c'est en triant par couleur les fibres qui ont été réutilisées qu'on a obtenu les différentes nuances et le chiné et ça c'est quand même la classe.

J'ai un peu de rattrapage à faire sur les jeux du samedi ! En vrai j'en ai beaucoup puisque j'ai toujours un tiers du calendrier de l'Avent à écrire, mais cette année je rencontre quelques difficultés à tout concilier, je suis en retard sur tout et les semaines filent beaucoup trop vite.

Il y a 2 semaines ce n'était pas vraiment historique, c'était plutôt mignon puisqu'il fallait trouver le Poisson Chaussette ! Je suis tombée dessus par hasard au zoo avec les petits et j'ai tout de suite pensé à vous !

La semaine précédente je vous avais présenté une nappe tricotée très très fin datant du XVIIème siècle, originaire de Silésie (une région à cheval sur la Pologne, la République Tchèque et l'Allemagne). Il ne s'agit pas d'une nappe pour manger dessus, en fait elle était utilisée sur les tables de réunion de l'hôtel de Ville de Wroclaw. Au centre on peut voir le Christ et les armoiries de la ville et tout autour des cartouches ovales aux couleurs des conseillers régionaux indiquant leur place à la table. On retrouve ainsi les armes de 8 conseillers politiques, 11 magistrats et de 2 hauts membres du clergé et on peut dire que dans la catégorie plan de table ça a quand même de la gueule.

Le samedi d'avant, il fallait deviner que l'objet mystère était un affiquet. Et un affiquet c'est bien pratique pour couvrir les pointes des aiguilles quand on ne tricote pas pour éviter que le tricot ne se débine ! On pouvait se l'accrocher à la ceinture et piquer les pointes dedans et ainsi avoir les mains libres tout en gardant son ouvrage sur soi !

Cette semaine, c'est l'image du chef-d'oeuvre d'un postulant à la guilde des tricoteurs que je vous ai montrée. Parce qu'à l'époque, tout le monde ne pouvait pas vivre du tricot ! Pour en faire sa profession, il fallait passer par de longs apprentissages : tout d'abord il fallait être un homme. Ensuite il fallait être accepté (et exploité) comme apprenti durant 3 ans chez un professionnel. A l'issue de ces 3 ans pouvait commencer le compagnonnage : pendant encore 3 ou 4 ans on voyageait de ville en ville, parfois à l'étranger, pour acquérir un savoir encyclopédique sur les fibres et les techniques. A la fin du compagnonnage on avait 13 semaines pour réaliser un assortiment de pièces tricotées et un chef d'oeuvre. Si les maîtres tricoteurs validaient les pièces réalisées, on devenait à son tour maître tricoteur. Les guildes ont été actives à partir du XIIIème siècle mais leur  importance à commencé à décroitre avec l'arrivée de la machine à tricoter pour s'éteindre au XVIIIème siècle.

Parlons de nos futurs maîtres tricoteurs à nous : merci de l'intérêt que vous portez cette année encore au Bac Tricot ! Vous pouvez suivre l'avancée des bacheliers et bachelières ici sur Ravelry, y a du niveau !  Et cette année c'est génial puisque nous avons quelques sponsors de choix qui vont gâter les élèves à mention, je vous ferai un post spécial pour tous bien les présenter mais je peux vous dire que ça va être le Bac et Noël à la fois !

Je poste assez peu de tricot mais ce n'est pas pour ça que je ne tricote pas (loooooooin de là). Comme je vous le disais déjà la dernière fois je prépare des choses qui verront le jour un peu plus tard ! Des choses avec des marques de laine qu'on aime, des choses dans des ouvrages de copines, des choses de rentrée... mais entre temps quelques patrons continueront à paraitre, notamment le Finn, le fameux gilet vert à torsades qui nous créent bien du soucis aux testeuses et à moi (de sombres histoires de diminutions dans l'astrakan), les chaussettes du mois d'Avril qui sortiront en juin et un beau gilet en Coquette, une version revisitée d'Henriette un de mes anciens modèles et celui-ci je suis sûre qu'il va vous plaire ! Ce sera un peu plus calme pendant l'été mais à la rentrée ça va être la fête !

Je vous laisse ici pour aujourd'hui et je vous dis à très bientôt !

Le bac option tricot 2018, c'est parti !

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Bonjour à tous ! Cette année encore, le ministère vous convoque et vous invite à passer ou repasser votre baccalauréat option tricot !

Inscrivez vous dans la ou les matières de votre choix et tentez de décrocher mentions et récompenses en tricotant votre projet avant le rendu des copies le 6 juillet. Ca se passe ici ! 

Il y a les traditionnelles épreuves de philo, littérature, histoire, géo, sport, maths, arts plastiques, plus cette année 2 nouvelles matières : éco gestion si vous destashez (c'est à dire si votre projet est fait de restes d'anciens projets) et musique si vous tricotez pour votre rock star préférée ! Chaque copie rendue donne droit à un de mes patrons, et les mentions seront distribuées pour chaque matière et donneront droit à de petits cadeaux surprise !

Cette année, si vous voulez être un sponsor officiel de l'évènement c'est possible, écrivez moi un mail :)

Et pour ma part, vous trouverez toutes les infos sur le topic Ravelry mais je propose une bourse d'étude sous forme de code promo aux valeureux candidats, allez voir !

Bonne chance à vous !

 

 

Vive Avril !

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Bonjour ! C'est le grand jour, aujourd'hui sort le patron et les kits du pull Avril ! Souvenez vous, c'est le pull en Kid Mohair (de La Droguerie bien sûr) qui se tricote en un weekend, et on a prévu une superbe gamme colorée ! Le modèle c'est du simplissime qui se tricote en bottom-up, encolure ronde, pas de coutures évidemment. Pour les kits patron + fil, ça se passe ici, pour le patron seul c'est !

Vous pouvez aussi trouver dorénavant le patron seul de la Caplet Pauline, réalisée avec les superbes laines de Lain'amourée, sur Ravelry ICI ! Mais les kits restent disponibles sur son site ici bien sûr !

Vous noterez peut être comme on a de belles photos ! On a décidé de faire un changement printanier, et de re photographier les modèles dans des lieux chouettes. Et comme je suis sentimentale designer, je choisis bien sûr des lieux pas trop éloignés de mon petit monde du tricot, et peut être que sur cette première série vous reconnaitrez l'hôtel Grand Amour, et peut être que vous y avez déjà participé aux goûters tricots des Tricoteurs Volants, et peut être même que vous y avez croisé Mélanie, qui chapeaute l'hôtel et qui a bien voulu poser sur certaines photos, et qui bien entendu est une grande tricoteuse. Les photos sont du duo de choc Amandine Delaunay que je ne vous présente plus et Arnaud Boutin (je ne travaille qu'avec des photographes tricoteurs) et on a hâte de continuer nos séances dans de nouveaux lieux !

La rubrique jeu du samedi maintenant ! Samedi dernier c'était super facile, je fabriquais un bloqueur à chaussettes avec un cintre de pressing, et je crois que vous avez aimé l'idée. Ce n'est pas une de mes idées géniales, je me suis aidée de ce tuto en anglais, et je suis assez contente du résultat, ça fait bien le job et c'est rigolo. Ps : sur le bloqueur, une des chaussettes du mois d'Avril, tuto à venir avant la fin du mois.

Et ce samedi, je vous avais proposé une image issue d'un livre très rigolo qui s'appelle "Contes de Fesses", de Benjamino Caldo (aka Benjamin Chaud) parce qu'évidemment je tique dès que je vois une image de tricot ! Et j'en ai profité pour tester vos connaissances en matière de tricot et vie de couple, puisqu'il s'agissait de trouver le terrible et redouté phénomène du Sweater Curse... La légende, présente dans plusieurs pays, raconte que tricoter un pull pour sa compagne / son compagnon avant le mariage précipite la fin de la relation. C'est pris très au sérieux par des tas de tricoteurs, ça a même sa page Wikipédia, et il y a des études sur le sujet. Est-ce que ce serait car tricoter un pull fait montre de trop d'investissement dans la relation et fait fuir l'autre ? Est-ce qu'au contraire le travail fourni serait sous évalué par le destinataire du tricot et que ça vexerait le tricoteur ? Est-ce que la relation n'aurait de toute façon pas duré le temps que prend de tricoter un pull ? Est-ce que le destinataire n'aime pas tant que ça le pull et n'ose pas le dire et du coup ça crée un truc bizarre ? Vous pouvez témoigner en commentaire, ça m'intéresse !

J'ai une petite question avant de vous laisser, est-ce que ça vous intéresserait une rubrique tests et comparatifs de matériel de tricot ? On me demande souvent quel kit d'aiguilles acheter, quel matériel j'utilise ... il n'y a bien sûr pas de réponse universelle à ça mais justement si je faisais des reviews, vous pourriez peut être trouver les infos pour vous aider à choisir ?

Je vous souhaite une bonne semaine !

 

 

Les patrons du printemps !

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Bonjour ! Je ne suis pas très bavarde ces derniers temps, mais j'avance dans mon coin, à mon rythme ! J'ai été accaparée par quelques projets secrets mais aussi par quelques soucis de santé qui rentrent dans l'ordre tout doucement.

En tous cas je suis très très heureuse de vous annoncer la sortie du Cardigan Mary que je ne quitte plus depuis qu'il est tombé de mes aiguilles. J'adore travailler la Shetland de Sandra, je la voudrais bien dans tous les coloris ! C'est un cardigan tricoté en bottom-up, sans coutures, en 4,5 mm ce qui en fait un projet assez rapide à achever. Le patron est disponible sur Ravelry que j'essaye d'exploiter de plus en plus. Après quelques difficultés à rentrer dedans, je commence à vraiment en voir les avantages, je vous en parle un peu plus bas. Si ça vous tente de vous lancer, on organise un Kal, ça se passe sur ce topic et sur IG avec le hashtag #kalmarycardigan! Venez nombreux, on a hâte de voir vos nopes, et il y a de super lots à gagner !

Le cardigan est également disponible en kit chez L'Echappée Laine !

Je n'avais pas fait de post ici lors de sa sortie, mais je sais que vous ne l'avez pas manquée puisque vous lui avez réservé un accueil chaleureux sur IG. J'ai eu le plaisir de découvrir les doux fils de Lain'amourée qui m'ont inspiré la caplet Pauline ! Avec juste 2 écheveaux de 200m de DK on peut faire cette petite merveille de douceur. On ne voit pas bien sur la photo mais le fil clair est légèrement pailleté juste ce qu'il faut. Des kits sont disponibles sur le site de Lain'amourée ici !

Si vous n'osez pas vous lancer, il reste des places pour le cours de jacquard de demain :

Je vous parlais de Ravelry un peu plus haut. Je suis en train, comme tous les ans, de faire le ménage de printemps sur mon site, et c'est encore le bazar, tout n'y est pas ! Mon activité évolue chaque année de manière différente et je dois adapter mes outils, et la vente de patrons va changer. Dorénavant, quand vous allez cliquer sur un modèle de patron sur mon site, vous allez être redirigés sur Ravelry. Je vous rassure, il n'y a pas besoin d'être membre pour commander. J'ai pris cette décision pour plusieurs raisons. Tout d'abord, Ravelry permet un concentré d'infos sur les modèles beaucoup plus important que mon site : on peut y voir les projets tricotés par les autres, les FAQ sur le modèle, des suggestions de fils à tricoter différents ... Je peux aussi envoyer à tous les acheteurs passés des updates des patron. C'est un vrai plus pour vous, vous y trouverez des réponses à vos questions sans avoir à attendre que je réponde à vos mails. Via mon site, je reçois beaucoup de demandes suite à des soucis de téléchargement avec les patrons. Soit des liens expirés, ou de petits bugs. Ceci n'arrive pas avec Ravelry, le lien que vous recevez reste valable, et si vous êtes inscrits vous conservez les patrons dans votre bibliothèque. Ravelry offre aussi la possibilité de faire un programme de fidélité, quand vous achetez pour 30 euros dans ma boutique, un patron vous est offert ! Et pas besoin de les dépenser en une seule fois, l'offre est valable sur le long terme ! Sur le site la vente de kits, de livres, de sacs et de cours de tricot fonctionnera toujours comme avant !

Pour mes en-cours tricot, si je reste silencieuse ce n'est pas par désoeuvrement, c'est que mes aiguillent travaillent à des choses dont je ne peux pas forcément vous parler pour le moment. Ca fera plus de bonnes surprises pour la suite. Je viens toutefois de me tricoter un tee-shirt en Bourette chinée de La Droguerie, leur fil recyclé super doux et écologique. J'ai fait un sondage sur Instagram pour savoir si je faisais manches longues ou manches courtes et je ne vous ai pas du tout écouté puisque vous avez voté manches longues mais qu'en bonne bourrique que je suis j'ai fait manches courtes en pensant à la jupe que j'adore avec laquelle je vais pouvoir porter ce tricot quand il fera chaud. Je me suis fait plaisir avec une construction que j'aime bien. J'ai commencé par les pattes d'épaules torsadées, puis j'ai relevé les mailles pour faire l'empiècement. Enfin j'ai tricoté les manches. J'avais conçu le Barry de la même manière j'avais eu beaucoup de plaisir à le tricoter.  Pour info, ce fil est une tuerie de douceur sous les doigts, le métrage est super bon, le tricot peut être ample ET léger. C'est un fil recyclé comme je vous l'écrivais plus haut, réalisé à partir de récupération de textiles mis en bourre, assemblés par coloris (pas de teinture sur le fil final) et filés cardés. Je vous fais des photos portés très vite, je reste team shooting Shetland jusqu'à l'amélioration de la météo.

A très vite !

 

Quelques nouveautés !

Bonjour ! La semaine dernière je vous ai abandonnés, pour cause d'Aiguille en fête et de chute dans la glace. Tout rentre dans l'ordre, et je retrouve un emploi du temps à peu près normal.

Je ne vais pas être très bavarde aujourd'hui, j'ai plein de travail sur le feu ! Mais on va quand même regarder de plus près la réponse au jeu de samedi ! J'avais posté une image des mains, de la robe et du panier à tricot d'une vieille dame. Ce n'était pas celle ci, je vous en poste exprès une différente pour le plaisir : Personnellement je suis complètement jalouse de leurs robes à fleurs, mais c'est un autre débat. Cette dame, vous l'avez trouvé comme toujours vous êtes super balèzes, fait partie de la communauté des Shakers, une des branches assez extrême du protestantisme, dont les adeptes on tendance à s'agiter et être virulents quand il s'agit de faire du prosélytisme, d'où leur noms "shakers" qui veut dire en anglais "secoués" (comme le shaker à cocktail oui). Il ne reste plus aujourd'hui que très peu de membres vivants de cette communauté (le célibat imposé ça aide pas). Pourquoi est-ce que je voulais vous parler des Shakers : qui a fait un peu d'études de design a beaucoup de sympathie pour ces gens qui ont créé un style de mobilier épuré (oui la fanfreluche, c'est mal) et fonctionnel, il faut l'avouer plutôt magnifique et à peu près 200 ans en avance sur son temps (nous, les non Shakers, avons décrété il y a assez peu de temps que style = fonction, less is more, etc). Et bien évidemment le tricot était une pratique importante et intensive dans la vie des femmes Shakers, qui confectionnaient des vêtements mais aussi des couvertures et des dessus de chaises. Aujourd'hui elles sont équipées de machines à tricoter mais autrefois, et encore maintenant pour les finitions ça se passait à la main, et avec de toutes petites aiguilles genre 1, 1,5, 2 mm parce que la minutie et le dur labeur, c'était bien vu. Il fallait faire son artisanat je cite : avec autant d'ambition que si on avait encore 150 ans à vivre, mais aussi intensément que si on allait mourir demain. En bonus je vous mets la photo d'un panier à tricot typique de l'artisanat Shaker. J'en veux un.

En parlant de dur labeur, j'ai posté hier le patron de mon écharpe Vanessa, que je n'ai pas tout à fait terminée mais comme on souhaite organiser un Kal Mosaïque avec les copines je vous mets le patron dès maintenant pour qu'on puisse tricoter ensemble. Si ça vous intéresse, l'idée du Kal c'est de tricoter un ou plusieurs projets en mosaïque donc, cette méthode de tricot bicolore super chouette à travailler. Le Kal durera toute l'année, c'est pas un concours de rapidité, c'est juste qu'après "2017 année de la chaussette", vive "2018 année de la mosaïque". Si vous en êtes, je viens de faire un topic sur mon forum Ravelry ICI . Click click pour aller sur la page du patron ! 

Sinon vous avez sûrement vu ça passer, mais avec La Droguerie on vous a préparé des kits pour tricoter Sophie B  avec plein de couleurs canon !

Et pour ceux ou celles qui hésitent à se lancer, j'ai tourné un cours pour apprendre à faire cette veste pas à pas. Ca se passe chez Artesane bien sûr, THE plateforme de cours vidéo et c'est ICI.

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Hé au fait hey, les tricoteurs et les tricoteuses, avez-vous vu la collection de sweats de Bernie aka In the wool for love ici même ??? Ca se passe sur son site, profitez-en pour regarder son beau livre de tricots pour petits et ses bijoux de pull, et si vous rentrez le code SentimentalTricot vous bénéficiez de 10% de remise sur votre commande jusqu'à la fin du mois ! Et si vous n'êtes pas encore inscrits à ses Wool Stories du mercredi, c'est que vous n'aviez pas encore le lien pour le faire. Il est là : lien pour s'abonner  

Je vous dis à très bientôt !

 

Reprise sérieuse du tricot

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Bonjour ! J'espère que vous allez bien ! Je ne sais pas si vous aussi vous alternez des périodes où ça carbure et des périodes où rien n'avance, mais je suis redevenue assez productive niveau tricot depuis les fêtes et ça fait du bien.

J'ai toujours du retard sur des réponses au calendrier de l'Avent, je m'en occupe, promis, je m'en occupe ! La semaine dernière je vous ai posté cette photo en vous demandant la particularité du Gansey que porte ce monsieur qui par ailleurs se prénomme Jacob et est pêcheur de harengs : Ce n'était pas facile, on ne voit pas beaucoup de pull sur la photo mais vous avez fini par trouver : ce pull est tricoté "sideways" c'est à dire ni de bas en haut ni en topdown. On commence par tricoter par le côté du pull, ce sont en fait des rangs endroit et envers (3 rang de mousse 2 rangs de jersey) qui donnent cet effet de côtes. On tricote 2 rectangles, un pour le devant un pour le dos, ils sont ensuite assemblés en laissant un trou pour la tête et 2 trous pour les bras, et les mailles sont relevées autour des emmanchures pour travailler les manches en rond. J'ai lu pas mal d'archives sur les Gansey et c'est le premier que je trouve construit comme ça.

J'ai terminé et publié le patron des chaussettes jaunes à troutrou, sous le nom des Chaussettes de Janvier. En 2016 je m'étais dit que je publierai un patron de chaussettes par mois, évidemment je n'ai pas pu faire 12 paires (en plus du reste) en une seule année mais j'ai déjà 6 mois de complétés !

J'ai aussi tricoté un cardigan en Shetland de l'Echappée Laine, et je me suis tellement régalée avec ce fil qu'en une semaine c'était plié ! Il est actuellement en train de sécher sur un manche à balai dans ma cuisine, attention photo coulisses plus bas. Et la joie avec le Shetland c'est que quand on le tricote il est tout raide et j'aime bien ça - j'aime beaucoup aussi les laines douces, mais j'ai autant de plaisir à travailler des fils plus rustiques - et quand on le bloque il ressort tout souple et doux, les motifs se calent, il change complètement d'aspect. J'ai hâte de le porter. Vous êtes plusieurs à m'avoir demandé pourquoi le bloquer sur ce manche à balai, et c'est parce que je ne veux pas le mettre à plat et écraser les nopes. Et puis j'ai le rêve secret de posséder un "jumper board" (voir la photo en dessous) un jour pour faire sécher mes pulls comme dans les îles Shetland. J'en ai reçu de magnifiques miniatures pour mon anniversaire il faut vite que je tricote des mini pulls à mettre dessus, et un jour j'en aurai un taille adulte.

Expectations : Reality :

Voilà pour les projets finis de la semaine, maintenant voyons les en-cours. J'ai retrouvé une demie chaussette en Shetland (décidément) abandonnée que je me suis empressée de mettre dans la "boîte à chaussettes en train" que j'ai reçue pour mon anniversaire :  Vous connaissez cet objet magnifique ? L'idée quand j'ai commencé à tricoter ces chaussettes il y a des mois c'était de faire un modèle à porter avec un kilt sur demande d'Enrico. Je vais donc la reprendre gentiment et avancer ! J'ai également ressorti ma marée de mosaïque : J'avais commencé cette écharpe pendant les vacances de Toussaint et puis par la force des choses, de Noël et des salons je l'ai remisée dans le panier. Ya plus qu'à comme on dit. Je proposais en story l'autre jour de faire un KAL Mosaïque, est-ce que ça vous tenterait que j'organise ça ? Je ne pense pas mettre de délai, ça peut être un projet sur l'année à faire petit à petit. Si ça vous dit, je fais un topic sur ma page Ravelry !

Pour les actualités, je ne participerai pas à AEF cette année mais vous pourrez me voir traîner dans les allées certains jours. Je vais pouvoir aller embêter les copains et les copines qui ont leur stand et leur apporter du thé et des gâteaux.

A très bientôt !

Shetland Fever

Bonjour ! Voilà bien 3 semaines que je n'ai pas écrit ici, j'ai eu l'idée folle de prendre des vacances pour les fêtes. Enfin quand je dis vacances je veux dire m'enfermer pour avancer mon tricot en retard, ayant été très ralentie par l'organisation pré et post CSF.

Je vais essayer de rattraper petit à petit les réponses au calendrier de l'Avent mais tout d'abord je voudrais vous remercier très fort d'avoir joué le jeu aussi nombreux. C'était vraiment super de mon côté de l'Instagram et je suis comme toujours impressionnée par votre culture et votre capacité à chercher et trouver les solutions à mes problèmes tordus. Là, pour aujourd'hui je vais me contenter de vous parler du jeu de samedi dernier, parce qu'en prenant mes vacances j'ai aussi pris du retard dans plein de choses (comme la rédaction des patrons, l'administratif et les mails) mais quand tout redeviendra plus calme je vous promets que je vous ferai le dernier tiers manquant des réponses.

Samedi je vous ai donc posté la photo de cet homme : Ce n'était pas cette image là et j'avais tronqué son visage parce que je vous connais, vous êtes beaucoup trop malins et faites des recherches Google image. Ce monsieur c'est Oliver Henry, responsable de la sélection et de la gradation de la laine chez Jamieson (le fameux shetland). C'est un "classeur", c'est à dire qu'en un coup d'oeil il sait juger de la qualité du poil et éliminer tout ce qui n'est pas la fibre fine. On lui met tout le résultat de la tonte sur la table et zou il fait son truc et on se rend pas compte mais c'est un savoir faire extrêmement précieux et rare. Déjà lui il s'en sort avec la soixantaine sous catégories de moutons Shetland, classés et nommés selon la couleur de leur pelage. Tant qu'on est ici, un peu d'histoire sur la laine Sheltand : ce sont les scandinaves (les iles Shetland étaient norvégiennes avant de devenir écossaises en 1472) qui ont introduit leurs moutons sur les îles au moyen âge, qui pendant quelques siècles ont fricoté avec les races locales ce qui a donné une fibre chaude et robuste. Quand le commerce maritime s'est développé par la suite notamment via la fameuse pêche aux harengs, (ma passion cachée, j'ai une collection secrète de photos de pêcheurs de harengs si quelqu'un en a un vrai à me présenter je suis super partante), la laine a voyagé en Europe et a acquis sa réputation. Jusque dans les années 70, pêche et élevage étaient la principale source de revenus sur les îles puis l'exploitation du pétrole local a pris le relai, piquant la main d'oeuvre aux fermes locales. Beaucoup de petits élevages ont ainsi cessé leur activité mais malgré tout le boum économique que ça a créé dans la région a été bénéfique pour l'industrie lainière qui a pu se developper dans des structures plus grandes tout en conservant un savoir faire traditionnel. Aujourd'hui ça évolue encore dans le bon sens car les acteurs de l'industrie du Sheltand sont en train de prendre le train de la modernité en essayant grâce à des technologies de recyclage très poussées de produire des laines à l'impact quasiment nul sur l'environnement et moi je trouve ça super chouette les gens qui savent faire vivre une tradition ancestrale tout en investissant pour l'avenir.

Je vais quand même vous parler de mes avancées en tricot, ça fait longtemps que cette partie était brève dans les articles !

J'ai enfin fini la chose verte ! Tout arrive ! La pauvre a été délaissée un moment pour cause de cerveau cuit par CSF, puis elle a été finie une première fois puis détractée jusqu'aux dessous de bras parce que je n'étais pas satisfaite, et donc pendant les vacances je me suis sorti les doigts des poches et j'ai pris 3 jours pour elle et depuis je ne la quitte plus. Merci pour toutes vos propositions de noms, elle va s'appeler Fin comme Fin Macleod le héros qui me manque depuis que j'ai fini la trilogie de Peter May, je crois que je ne suis pas la seule ici a avoir dévoré ses aventures. Le knit test va bientôt démarrer, je cherche d'ailleurs encore une personne pour la taille L (qui correspond à un 42) si jamais l'une d'entre vous me lit, hop un petit mail :) Attention photo pin-up :

J'ai aussi fait une participation express au Kal d'Emilie et Paule sur les chaussettes du réveillon, ayant reçu peu de temps avant une somptueuse laine auto-rayante Studio Meez Je n'ai pas suivi de patron, je les ai tricotées en toe-up, avec 56 mailles et des talons en rangs raccourcis. Vue la beauté de la laine pas besoin de chercher plus loin, j'ai juste fait les orteils, le bord côtes et le talon avec un reste d'Uncommon Thread grise. Je les ai tricotées en magic-loop (oui oui) qui me fait tricoter plus serré, je suis donc passée de mon habituel 2,25 mm à 2,75mm, je me sens beaucoup plus confortable. Je pense que c'est pour ça que je bloque sur mes chaussettes en train orange, j'adore le fil, j'adore la couleur mais je ne suis pas dans le truc, ça tire et ça serre. Je pense les défaire et les recommencer en 2,75, c'est toujours travailler comme on dit. (je suis un peu obsédée du orange je vous préviens)

J'avais commencé après Noel une Sophie B couleur Grenadine (dans un mélange dont je vous parlerai bientôt) en vue du tournage d'un cours Artesane que nous avons fait mardi et qui sortira pour AEF si je ne dis pas de bêtises. J'ai fait la moitié du tricot en 2 jours et je me suis retrouvée au chômage technique pour manque de laine, j'ai donc décidé de me faire plaiz entre deux avec la kid Mohair sur laquelle je louche depuis des mois à chaque fois que je passe à la Droguerie, l'écheveau de présentation ressemble à une queue de renard qui pend dans la boutique et je la trouve sublime. Je me suis donc fait un pull express en attendant mon réassort de Sophie B : Obsédée du orange j'ai dit

Il est vraiment tout bête, il consomme peu de fil, j'écris le patron très vite.

J'ai reçu quelques magnifiques cadeaux de Noel-anniversaire rapportés de la Maison Tricotée (à Montréal, que des laines et accessoires superbes, vous pourrez les rencontrer à AEF ils participent) donc un écheveau de Riverside à chaussette jaune qui met le soleil dans ton coeur, alors hop j'ai des chaussettes jaunes en train.  Je les tricote 2 à la fois, en 2,75 et c'est quand même pratique même si je ne trouve pas que ça fasse gagner de temps et que mes préférées resteront toujours les double pointe.

Et puis j'ai reçu mon colis de secours pour la Sophie B et je l'ai finie ! Je vous prie de m'excuser de vous ressortir les mêmes images que sur Instagram, j'essaye de varier d'ordinaire mais je n'ai pas tout ce qu'il me faudrait sous la main.

Et là je m'apprête à attaquer le cardigan des retrouvailles avec la Shetland de l'Echappée Laine ! Je suis bien contente, j'avais tricoté le Wide Forest Sweater avec, ça fait un bail. Je vous laisse deviner la couleur que j'ai choisie ... indice : je suis full dans le thème du jour.

Sinon pour les actualités, il reste 1 place pour le cours de torsades et points qui font peur du 27 ! Venez, c'est au Walrus c'est un des meilleurs cafés de Paris, la musique est bonne, on peut aussi acheter des disques, y a des gâteaux maison et les maîtres des lieux sont des tricoteuses. 

Et ça ne vous aura pas échappé mais il y a des soldes sur le site !

A la semaine prochaine et tricotez bien !

Stickgälskroks, naufrages, maillots et fantômes.

Bonjour ! C'est un beau jour pour vous écrire, avec la tempête qui gronde dehors, je suis bien au chaud !

Vous avez sûrement vu sur Instagram, je me suis lancée dans la rétrospective de vos photos de tricot 2017 ! J'en fais un peu chaque jour, c'est dur de choisir je vois trop de belles choses ! J'adore être surprise par vos images, quand je vois le tricot et que je me dis "ah mais c'est un de mes patrons ça" mais que finalement ça rentre complètement dans vos petits mondes, que vous vous êtes approprié le modèle et que l'image est pleine de votre personnalité. J'ai l'impression d'avoir réussi ma mission quand je vois ça.

Sur mon site, il y a un onglet "your knits", que j'essaye de mettre à jour assez régulièrement ! Pour cette rubrique j'utilise vos photos Ravelry, comme ça ça link directement vers vos profils et c'est plus commode car  je ne sais pas épingler depuis Instagram.

Cette semaine encore j'ai adoré vous lire sur mon Instagram ! Vos réponses sont drôles, documentées, créatives et j'aime votre esprit d'équipe. La dernière fois on était revenu sur les réponses des cases 1 à 6, voyons maintenant les cases 7 à 12 :

Jeudi 7 décembre :Voilà l'étrange objet que je vous ai proposé. Alors ce n'est pas un moyen de contraception rudimentaire comme ça a été suggéré, ni un engin de torture. Il s'agit tout simplement d'un stickgälskrok, voyons. Vous avez deviné assez vite que ça servait à tenir la pelote de laine. On en trouve sous des noms différents dans toute l'Europe du nord, mais celui-ci nous vient de Suède. Alors pourquoi avait-on besoin de tenir sa pelote de laine ? Nous somme dans la région de Dalarna, et là bas à l'époque, il fallait du rendement ! Les vêtements tricotés sont de première nécessité alors on tricote en surveillant ses bêtes, on tricote quand on est sur la charrette et on tricote en marchant ! La légende dit qu'il y avait un rapport distance parcourue / pièce tricotée à produire, soit un bas pour homme par 15km de marche. Il fallait donc bien au moins un stickgälskrok pour accrocher sa laine à sa ceinture. Et on tricote d'ailleurs avec une technique spéciale, pour un rendu plus chaud, plus étanche, plus élastique. Je ne connais pas le terme français, mais on appelle ça le Twined Knitting, peut être qu'on peut le nommer tricot double ? On travaille en fait avec 2 fils, de la même couleur ou pas, qu'on croise sur l'arrière (comme quand on fait un jacquard) à chaque maille.

Vendredi 8 décembre :

L'objet du scandale ! Il est apparu par le biais du costume de danse au tout début du 19eme siècle. En vrai, on le trouve dans le vestiaire du spectacle depuis le 18eme siècle, où l'on faisait porter des "caleçons" bleus (couleur validée par le Pape, sinon c'était trop proche de la couleur de la peau et c'était trop sexy) pas très commodes aux danseuses pour masquer leurs jambes. Son nom, c'est le maillot. Le maillot (on dit aussi maillot clair ou maillot chair) est tricoté tout d'une pièce, et il couvre le corps de la danseuse ou du danseur. Il tiendrait son nom de Monsieur Maillot, bonnetier de l'opéra de Paris fin 18eme début 19eme. Et c'était pas rien ce maillot : il a vite été adopté par tout le monde, les hommes comme les femmes. Déjà, il faut le situer dans son contexte. On sort à peine de la période de la Révolution, la Merveilleuse aime se draper dans d'amples robes transparentes et vaporeuses pour évoquer une antiquité fantasmée, mais le monde n'est pas prêt pour tant de peau apparente. Ce sous vêtement, le premier qui soit confortable, tombe donc à pic, on le glisse sous les robes et les tuniques. Plus en avant dans le siècle, il se cache de plus en plus, trop impudique. C'est pire de deviner le corps à travers que de le voir vraiment et la bonne société, constituée maintenant d'industriels ou de rentiers devient de moins en moins drôle et de plus en plus raide. Alors pour être sûr que le femme se tient tranquille à la maison on lui colle corset, crinoline, 10 kg de jupons de crin sur le dos, chapeau à visière qui empêche de regarder sur le côté pendant que l'homme va travailler en costume noir suie comme ce qui sort de la cheminée de son usine. Le maillot n'a toutefois pas disparu, il est en dessous, ou alors porté à la maison et l'industrie de la bonneterie est en plein essor. Il faudra attendre quelques années le maillot de bain et le vêtement de sport pour le voir de nouveau faire partie du vêtement de dessus.

Samedi 9 décembre :

Ah on a bien rigolé samedi ! Vous m'en avez trouvé des superstitions sur le tricot ! Grâce à vous j'ai découvert les études très sérieuses sur le "sweater curse", la malédiction qui dit que tricoter pour son copain / copine précipite la fin de la relation. On a aussi appris à coller le mauvais oeil en faisant des noeuds, qu'il faut finir ses encours avant la Saint Sylvestre (oulala on est le 13 décembre la pression), que de célèbres fantômes de tricoteuses hantent des hôtels, qu'on ne tricote pas au théâtre (mais qu'est-ce qu'on a le droit de faire au théâtre ? j'ai l'impression que tout y porte malheur), qu'on ne tricote pas pour l'être aimé avant le mariage ou encore qu'on ne reprise pas son chandail avec de la laine plus foncée. Tout ça fera l'objet de recherches plus abouties je vous le promets !

La réponse que j'attendais nous vient des pêcheurs anglais et écossais : si le futur propriétaire d'un Gansey meurt avant qu'on ait fini son ouvrage, surtout on le ne termine pas. On le détricote et on enferme la laine au moins un an, temps après lequel on serait à peu près sûr que l'âme du défunt soit partie. Et après on peut attaquer un nouveau projet, faut pas gâcher.

Dimanche 10 décembre :

Dimanche ce n'était ni une crêpe cramée ni un gâteau au chocolat comme suggéré, mais un béret  ! Et pas n'importe quel béret puisqu'il est resté 400 ans sous les mers ! C'est un des nombreux trésors trouvés dans l'épave du Mary Rose, un navire de guerre d'Henry VIII qui a sombré en 1545 faisant entre 400 et 700 morts, on n'est pas sûr du nombre. L'eau de mer a conservé tout un tas de pièces de vêtements et d'objets fabuleux de cette époque si riche au niveau vestimentaire. On a donc entre autre retrouvé ce béret, on a parlé du béret il y a quelques semaines et on avait vu qu'il était déjà très à la mode outre Manche, mais qu'on a pas encore beaucoup de traces de pièces tricotées, qui sont assez peu représentées dans les oeuvres d'art par exemple. On a vu que c'est parce que traditionnellement, la maille évoque l'intime et le vêtement du dessous. Qu'elle était donc utilisée jusqu'au bout du bout  et qu'on ne retrouve donc que des morceaux inexploitables car trop usés. Mais il y a une autre chose à prendre en compte : j'ai lu qu'avant le règne d'Elizabeth et le perfectionnement dans l'art de faire de fines barres en acier (pardonnez moi je ne suis pas allée plus loin dans la recherche sur le pourquoi du comment on s'est mis à fabriquer de fines barres en acier réussies sous le reigne Elisabéthain, s'il y a des érudits en métallurgie qui me lisent je prends toutes les informations), c'était pas facile facile de fabriquer de bonnes aiguilles à tricoter. Elles étaient en bois et souvent un peu grossières.

Lundi 11 décembre :

Vous avez trouvé très vite ! J'avais posté la grille de la bordure de ce coussin tricoté. Vous verrez si vous cliquez sur l'image, que tout autour il est écrit en Arabe "baraka", qui signifie "l'abondance d'Allah", la bénédiction. On a retrouvé ces coussins dans le tombeau du prince héritier de Castilla y Leon Fernando de la Cerda, mort au combat en 1275. C'est donc un très vieux coussin, un des rares vieux tricot qui soit parvenu jusqu'à nous. Les motifs sont très typiques de l'héraldique européen mais la bordure nous indique clairement que c'est un artisan musulman d'Espagne qui a réalisé cet ouvrage. Et on pourrait aller plus loin et penser que (j'espère que vous avez lu le paragraphe précédent, sinon vous ne ferez pas "aaaaaah" ) fabriquer les aiguilles qui ont permis de faire un ouvrage aussi fin aussi nécessitait le savoir faire en matière de travail de l'acier d'un artisan arabe.

Mardi 12 décembre :

Mardi je vous ai demandé de regarder les mains de cette femme suédoise, et de me dire pourquoi je vous demandais de regarder ses mains. Ca a été difficile, la gagnante a trouvé grâce à un post i,nstagram que j'avais fait il y a des mois de ça. A l'époque j'avais photographié quelques lignes d'un livre dans lequel une vieille dame de la région de Dalarna raconte qu'on la forfait à l'école à tricoter avec le fil dans la main gauche (méthode qu'on appelle continentale) mais que dès que l'institutrice tournait le dos, les petites élèves repassaient vite le fil dans la main droite comme elles avaient appris à la maison. La photo date du début du 19ème siècle, et cette femme tricote encore fil à droite, avant la grande campagne de "continentalisation" forcée de l'éducation nationale suédoise. Attention la suite est complètement impartiale venant de mon esprit d'indécrottable enthousiaste de l'english method (fil à droite). Ces documents sont très intéressants, car pour moi ils font mentir les textes qui nous expliquent que les tricoteurs efficaces des classes populaires auraient été des adeptes de la méthode continentale (supposée beaucoup plus rapide) AVANT de passer à la mode de la méthode anglaise, moins rapide et plus chic, adoptée par la bonne société au 19ème quand le tricot main n'était plus une nécessité (ha les machines ...). Bref pour moi et ma mauvaise foi on est pas encore au point dans les histoires fil à droite fil à gauche.

Je vous dis à la semaine prochaine pour la suite du calendrier, et en attendant vous pouvez vous inscrire à mon prochain cours prévu au Walrus : le cours de "2 chaussettes à la fois". Vous êtes nombreux à avoir le syndrome de la deuxième chaussette, il y a des solutions. Qui fonctionnent aussi avec les syndromes de la deuxième manche ou de la deuxième moufle. C'est ici :

A tout bientôt !

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Des tuques des bâtons du chien et des colons : le premier quart de notre calendrier de l'Avent !

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Bonjour à tous ! Merci de participer si nombreux au calendrier de l'Avent ! J'adore faire ça j'aimerais que ce soit décembre toute l'année ! En plus vous donnez souvent des réponses très complètes et documentées, j'adore !

On va voir ensemble un peu plus précisément les différentes réponses aux colles que je vous ai posées.

Vendredi 1er décembre : Pour commencer en beauté car ce n'était pas facile, je vous ai posté la photo de ce PRJONASTOKKUR à vos souhaits. Petite parenthèse, je dois dire que je suis trop fière car Hélène Magnusson herself nous a éclairés sur la prononciation. Le tricot en Islande c'était quelque chose ! Tout le monde tricotait et le rendement de chacun était contrôlé. Les enfants dès 8 ans devaient produire une paire de bas par semaine. On rangeait ses aiguilles (principalement des double pointe) dans cette boîte au nom compliqué mais à la symbolique magnifique et poétique comme je les aime, car traditionnellement les amoureux la sculptaient, la gravaient et l'offraient à l'élue de leur coeur pour déclarer leur flamme. (Aparté : je ne sais pas où en est votre papier Anaïs mais j'espère pouvoir encore coller mes lecteurs bientôt sur le tricot islandais !)

Samedi 2 décembre : Alors là vous avez trouvé trop vite ! J'avais recadré cette image : Il s'agit bien-sûr d'un berger landais perché sur ses bâtons, et que faisaient les bergers landais de la-haut ? Ils filaient ou tricotaient et à l'époque, c'était un truc d'hommes. Alors pour le filage, pour être plus virils, ils n'usaient ni de quenouilles ni de fuseaux (ça c'était pour les filles) mais enroulaient directement la laine rèche autour d'un poignet et la tortillaient autour d'un petit croisillon de bois pendu à l'autre poignet. Il portaient autour de la taille la "potche à tèche" (poche à laine) et chacun se tricotait une petite pèlerine et des guêtres à porter avec le gilet en peau de mouton. En faisant mes quelques recherches sur les bergers landais, j'ai découvert  l'ampleur des conséquences du changement de paysage dans les Landes au 19ème siècle. Jusqu'alors les bergers travaillaient sur leur échasses afin de pouvoir surveiller leur troupeau et guetter le loup dans cette contrée marécageuse. Puis, pour assécher et assainir la région, on a décidé de construire des dunes de sable pour prévenir les grandes marées, de détourner l'Adour dont les crues embouillassaient (je viens d'inventer ce mot) le terrain, et surtout ... de planter des pins partout. Le pin consomme énormément d'eau et il a en quelques années complètement modifié le paysage et par conséquent la pratique pastorale. Et pour raconter une petite histoire (vous savez que j'adore les petites histoires), je ne sais pas si vous connaissez l'existence de Sylvain Dornon, mais cet homme extraordinaire et engagé a gravi en échasses une bonne partie des marches de la Tour Eiffel durant de son inauguration, et parcouru un Paris Moscou pour faire connaitre le triste sort des bergers suite à la modification artificielle de la géographie de sa région lors l'Exposition Universelle de 1891 . C'est ce qu'on peut appeler une protestation qui a de la gueule. Sylvain Dornon part pour Moscou

Dimanche 3 décembre : C'est à propos de la photo de cette femme que je vous ai questionnés, prétexte pour vous faire chercher un peu sur les fibres utilisées en Amérique précolombienne. Vous avez bien vite trouvé que cette femme est Navajo, peuple amérindien du sud des actuels Etats Unis. Alors qu'est-ce qu'ils filaient les Navajos ? Des moutons oui, mais seulement à partir de la fin du 16ème siècle. C'était un peuple d'éleveurs et de chasseurs, mais les moutons (tout comme les chèvres et les chevaux tels qu'on les connait aujourd'hui) n'ont été introduits sur le continent qu'au 15ème siècle par les Espagnols. L'histoire de l'importation du mouton en Amérique est d'ailleurs assez passionnante, faite de vagues de transports de bêtes successives et "d'îles à moutons" sur la côte est qu'on débarrassait de tout prédateur possible et où l'on laissait les moutons paître en liberté. Et jusqu'à cette période, la toison du chien, appelée "chiengora" était le poil le plus filé en Amérique du nord. On trouve des objets tissés ou tricotés en chiengora depuis la préhistoire en scnandinavie. Et comme je suis Père Castor raconte nous histoire, je vous ai trouvé une image de femmes anglaises "volontaires" pendant la seconde guerre mondiale, entrainées au premiers secours en cas d'attaque aérienne et qui faisaient toutes les petites choses possibles au quotidien pour aider, réconforter, nourrir, loger la population. Et je vous le donne en 1000 : elles brossaient des chiens pour filer leur poil et réaliser de petites pièces bien chaudes, le chiengora étant réputée 80% plus chaud que la laine de mouton.

Lundi 4 décembre : C'était très facile lundi, puisque c'est l'image d'un photographe américain très célèbre que je vous ai postée. C'était un cliché de Lewis Hine représentant une petite fille dans une filature de Nouvelle Angleterre en 1913. Lewis Hine mettait en image l'un des côtés sombre du rêve américain en immortalisant tout d'abord les arrivants sur Ellis Island. Il s'est ensuite engagé au côté du National Child Labour Committee et de la Croix Rouge et son travail a eu un réel impact dans la lutte contre le travail des enfants. Mais tout ceci n'était un prétexte pour rappeler qu'aujourd'hui sur notre Terre en 2017 un quart des enfants de 5 à 14 ans travaille. 4 sur 5 sans rémunération, alors quand on peut, on fait attention à ce qu'on consomme.

Mardi 5 décembre : Je vous ai posté une photo prise dans un de mes livres, avec un extrait du journal de 1797 de Frances Baylor Hill, colon (colone ? help, vite un linguiste : peut-on mettre "colon" au féminin? ou alors la femme ne peut être que "femme de colon" parce qu'il faut nécessairement un penis et beaucoup de testostérone pour coloniser ?) en Virginie. On lit que l'auteure est tellement obsédée par son tricot et l'avancée de ses en-cours qu'elle culpabilise de lire un roman passionnant et d'ainsi perdre du temps de tricot, ça me rappelle quelqu'un, mais qui, moi bien sûr. Mais parlons quelques instants du tricot chez les colons en Amérique. Déjà, on a lu plus haut que les missionnaires en Amérique du Nord et du Sud on importé le mouton, mais aussi le tricot en l'enseignant aux peuples (et surtout aux hommes, on a vu aussi avec les bergers landais que le tricot, pendant longtemps, c'était pour les hommes) qui ne le pratiquaient pas déjà. On constate d'ailleurs que souvent les tricoteurs d'Amérique du sud tricotent "à la portugaise", avec le fil passé autour du cou. En Amérique du nord, les grandes vagues d'immigration du 17ème siècle ont apporté avec elles le tricot intensif (on raconte que ça tricotait sec sur le Mayflower) mais pas la machine à tricoter, qui était déjà en pleine activité sur le vieux continent, mais très lourde et encombrante, et surtout très rentable mais ça on va le voir juste après. Les journaux intimes comme celui de notre Frances pullulent, car on aime rapporter la construction du nouveau monde et tous les détails des taches morales et vertueuse et religieuses auxquelles on s'adonne. Le tricot est donc domestique, et pour les articles tricotés industriellement, on importe d'Angleterre. Et c'est tellement rentable d'importer d'Angleterre, que les chefs des colonies anglaises en viennent à réglementer et limiter les activités de production de laine, de filage et tricotage (ainsi que d'autres fabrications de produits comme le papier par exemple), même domestiques, afin de ne pas freiner les échanges avec l'Angleterre. Les travaux du fil sont alors devenus hautement politiques : les nouveaux Américains en colère voulaient leur indépendance matérielle, et filer ou tricoter est devenu un vrai acte de résistance qui a joué, symboliquement, durant la révolution et les guerres d'indépendance.

Mercredi 6 décembre : Je me rends compte en écrivant ce post que j'étais très orientée Amérique cette semaine ! Ce matin je vous ai postée la photo la plus effrayante du monde : le bonhomme Carnaval et sa "tuque". Ce personnage qui symbolise la joie de vivre (je ne mettrai pas de commentaire là dessus, j'ai peur de toutes les mascottes) est l'ambassadeur depuis les années 50 du Carnaval de Québec et il arbore fièrement la tuque et la ceinture. Ce qui m'intéressait c'était la tuque, mais vous m'avez fourni de super réponses sur la ceinture, on va donc en parler un peu. C'est une ceinture canadienne, qui s'appelle la Ceinture Fléchée, qui est normalement faite par les (attention mots que je n'écrirai probablement plus jamais de ma vie) flécheurs ou flécherands en laine tressée à la main et que les hommes portaient autour de la tête pour rendre hermétiques et faire tenir les couvre chefs, ou autour des reins pour soutenir le dos pour porter les choses lourdes. Elle fait partie du costume traditionnel, on trouve plein de documentation passionnante dessus. Mais parlons un peu tuque, mes chères gagnantes du jour nous ont gâtés avec plein de détails super intéressants ! Qui a trainé avec des tricoteurs québécois ou qui a déjà regardé un épisode des pimpantes Emilie et Paule s'est déjà frotté au mot "tuque", qui désigne le bonnet. Le mot viendrait du français "bonnet à la turque", couvre chef fabriqué en France et exporté partout dans le monde (notamment au moyen orient) très utilisé par les marins puisqu'on trouve beaucoup de traces de "bonnets à la turque" dans les inventaires de contenus de bateaux.  On a parlé il y a quelques semaines du béret des Basques et des Ecossais exportés par les colons, on peut donc rajouter le bonnet à la turque, déformé en tuque, à la liste. Pour revenir à notre Bonhomme Carnaval, moi j'ai lu que sa tuque rouge ferait référence au bonnet phrygien français : on l'avait choisi comme symbole de la révolution française parce qu'il évoquait le chapeau que portaient les esclaves affranchis de l'empire romain. Au 19eme siècle il a aussi été utilisé par les rebelles québécois souhaitant se libérer du pouvoir absolu et du contrôle de l'Angleterre sur leurs colonies, il est donc devenu un symbole de liberté là bas aussi. On le retrouve également dans la symbolique de beaucoup d'anciennes colonies libérées, en Amérique du sud par exemple.

Sinon je tricote toujours les mêmes choses, alors comme je pense que je vous ai déjà assomés avec cet article, je vous laisse tranquilles jusqu'à la semaine prochaine !

Des fourrures et des mails

Bonjour ! J'ai plein de choses à vous dire aujourd'hui ! Tout d'abord il ne reste que 2 places pour le cours de tricot en rond de samedi, idem pour le cours de lecture de grille du 16 décembre ! Alors vite vite vite, on s'inscrit, le lien c'est en cliquant sur les images !

Passons aux sujets rigolos avec le jeu du samedi ! Samedi dernier je vous ai soumis un portrait de la coquette Anne de Bretagne en vous demandant hermine mise à part, quelle était la toison que l'on s'arrachait à l'époque. La question m'a été inspirée par une superbe et rafraîchissante (comme toujours) conférence du fabuleux Michel Pastoureau écoutée sur le site de France Culture (le lien c'est ici) qui expliquait qu'à la fin du moyen-âge la laine de l'agneau noir de Lombardie était so chic, ce qui était un sacré phénomène de mode puisqu'il nous dit aussi que plein d'autres toisons étaient tout aussi belles, mais que c'était celle-ci, avec l'hermine bien sûr mais hermine et Anne de Bretagne la question aurait été trop facile (vous voulez quand même l'histoire ? bon ok je vous la raconte après) et le menu-vair (la fourrure de l'écureuil petit gris, qui avait le ventre blanc et le dos gris qu'on utilisait pour faire des damier) qui avaient la cote. J'ai également lu dans 2 documents que certains de ses habits d'apparat étaient doublés de peau de frison blanc, mais j'ai du mal à trouver plus amples informations dessus, tout ce qui touche à l'utilisation de la peau de cheval étant un peu tabou j'ai l'impression. Rapidement la petite histoire de l'hermine. L'hermine devient toute blanche l'hiver, sauf le bout de sa queue qui lui reste tout noir (donc quand on voit un manteau d'hermine : une tache = un animal ou presque mais ça on va en parler après). Lors d'une partie de chasse, Anne de Bretagne aurait vu une hermine préférer se laisser tuer plutôt que de salir sa belle fourrure blanche en traversant une mare de boue. Très touchée par cette délicatesse elle a laissé la vie sauve à la bête et en a fait son emblème. Ce qui ne l'empêchait pas de posséder une tenue de cour doublée des peaux de 820 hermines. Pour en revenir à nos moutons ou à nos agneaux : la laine sur la peau des agneaux noirs de Lombardie était très soyeuse et très brillante. La fourrure en elle-même était prisée pour sa qualité. Mais (attention on apprend 2 nouveaux mots du moyen-âge) les pelletiers (le nom à l'époque de ceux qui travaillaient la fourrure) utilisaient aussi des morceaux de cette pelisse d'agneau noir pour taveler l'hermine. C'est à dire qu'ils mouchetaient le poil blanc de l'hermine avec des poils noir de l'agneau. Vous avez été très nombreux à répondre au jeu samedi et vous m'avez fait tout un tas de propositions très intéressantes et parfois très documentées, j'ai de la chance d'avoir des participants comme vous. Jean Bourdichon dans Les Grandes Heures d'Anne de Bretagne

Et attention dès vendredi, tenez vous prêt, c'est un jeu par jour pour le calendrier de l'Avent ! Avec un gros lot pour Noël le 24 ! Je peux vous dire qu'ici je travaille du chapeau pour vous dégoter des questions intéressantes !

Les en-cours de la semaine. Je devrais dire l'en-cours, je reprends tout juste un rythme normal de tricot et j'ai décidé de me consacrer pleinement à mon cardigan vert pour le terminer, et ça avance puisque j'en suis aux rangs raccourcis des épaules. Dimanche j'aurais bien avancé mes petits accessoires oubliés du panier comme j'avais dit, mais je n'ai pas eu le temps de tricoter, c'était notre pèlerinage familial annuel rayon boules de Noël du Bon marché et fin de journée jeux de société. Les rangs raccourcis en cours de route, ça ressemble à rien.

Je voudrais prendre un peu de votre temps pour vous parler de la gestion (un peu compliquée en ce moment) de ma boîte mail : j'ai pris pas mal de retard dans ma correspondance du fait de la préparation et participation au salon, je sais que certains d'entre vous piaffent et je les comprends bien en attendant une réponse mais je débroussaille au fur et à mesure tout en essayant de continuer à travailler. Pour les questions techniques, j'ai une page Ravelry ICI avec un forum, certains participants sont de très bon conseil et je les remercie parce que ça m'aide vraiment. Je vous invite vivement à poser vos questions là bas ! J'y fais bien sûr moi-même régulièrement un tour. J'ai beaucoup de mal à répondre aux questions techniques posées en commentaires sur les réseaux sociaux, pour la simple et bonne raison que j'en loupe plein parce que j'essaye de ne pas passer la journée sur mon téléphone cet engin du diable. Idem pour les MP sur les réseaux sociaux, j'en loupe plein, j'ai découvert il y a pas longtemps une boite à messages cachée dans la boite à messages sur Instagram, avec tout plein de messages de gens que je n'avais jamais vus. Sur Facebook j'arrive à peu près à répondre aux MP de ma page je crois, quoique je trouve le système très mal fait, par contre je ne vois jamais vraiment les commentaires et tout ça. Le meilleur moyen de me contacter reste donc le mail via mon site, ou le forum si c'est pour une question technique. Si vous avez des conseils gestion de mail au travail, je suis toute ok pour les recevoir !

A très bientôt et surtout à vendredi sur Instagram pour la première case du calendrier !

 

 

Retour de CSF, bienvenue aux nouveaux et les cours de tricot reprennent !

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Bonjour ! Bienvenue aux nouveaux ! Vous avez été nombreux à vous inscrire sur les bons de commande du salon, j'espère avoir bien orthographié tout le monde dans la mailing list ! Je vous présente ma newsletter en 2 ou 3 mots : ici on parle tricot bien sûr, on a les réponses détaillées au jeu du samedi matin d'instagram (@tricotalicehammer ) avec des anecdotes historiques, on peut consulter les archives ( https://aliceknitshammer.wordpress.com ), on suit un peu les nouveautés et on fait des points tricots sur les en cours et les sujets qui nous préoccupent, moi dans le texte et vous en commentaire !

Il n'y a pas eu de post la semaine passée pour cause de CSF, ni de jeu du samedi alors que je m'étais imaginé vous préparer un super jeu de piste dans le salon, je me voyais déjà déguiser mes collègues des autres stands en Père Fourras pour vous faire des énigmes ... mais la réalité m'a rattrapée et je n'ai que très peu pu quitter le stand. Il n'y aura donc même pas de rubrique historique cette semaine, je faillis à tous mes devoirs !

Je vais me rattraper en vous proposant un mois de décembre fou fou fou pour les geeks du tricot, je suis en train de préparer un calendrier de l'avent du tonnerre sur Instagram : un jeu (donc un patron à gagner) par jour, et un gros lot pour fêter Noël ensemble le 24 ! Sortez vos encyclopédies on va se creuser la tête !

Je voulais également vous remercier pour les moments passés sur le salon. On a entendu énormément de mots doux de votre part, et on a toutes été touchées de vous rencontrer et de discuter avec vous. On vous remercie pour tous les petits et gros cadeaux qu'on a reçus et pour les bises aussi. Je n'ai pas de boutique physique, je ne rencontre quasiment jamais mes tricoteurs et tricoteuses alors ça m'émeut toujours de voir les vrais gens derrière les adresses mail et les pseudos IG ou Ravelry.

J'ai moi même fait quelques emplettes chez les copines sur le salon : chez Lil Weasel j'ai acheté un objet dont je rêvais depuis longtemps : un Sock Blocker pour quand je lave mes chaussettes maison. J'ai complété ma collection de petits anneaux marqueurs mignons, j'en ai déjà pas mal mais on en a jamais trop, surtout quand on a 1268372 encours en même temps, hum hum.

Chez République du Chiffon j'ai échangé une pochette Boyfriend Hat contre le patron du Trench Roger que j'ai commandé comme cadeau de Noël à ma maman. Chez l'Echappée Laine, après avoir hésité entre à peu près tous les coloris, j'ai acheté du Shetland orange comme de la purée de carottes pour me faire un beau cardigan.

Le patron et kits du Châle Flopsy c'est par ici ! 

Rapport aux encours vous vous doutez que je n'ai pas tellement tricoté, j'avais carburé sur les Boyfriend Hat avant le salon, j'avais rêvé et cru pouvoir terminer un châle Flopsy tout en installant le stand (échec total bien entendu). Je me retrouve dont à la tête de 5 encours, soit le cardigan vert, l'écharpe mosaïque, 2 paires de chaussettes et un châle et je dois me faire violence pour ne pas castonner la Shetland qui me nargue la vilaine.

Les cours de tricot reprennent chez les copines du Walrus ! Le samedi 2, je vous propose d'apprendre à tricoter soit un bonnet soit un béret pour découvrir le tricot en rond et les ruses de sioux pour réussir un couvre chef !

Le samedi 16, on va apprendre à comprendre et suivre une grille de tricot et à tricoter un châle autour du patron du Châle Flopsy !

J'ai également programmé des cours pour les 13 et 27 janvier, je prends vos suggestions pour les thèmes !

Je vous dis à la semaine prochaine avec un contenu qui revient à la normale, et des tricots avancés j'espère !

 

La dernière mode et les coutures

Bonjour ! Etant à CSF J-5, je ne peux pas vous promettre un long post (je suis quelque peu affairée et surtout stressée) mais revenons quand même à notre jeu du samedi. J'avais posté un portrait de Mallarmé par Nadar que vous avez reconnu tout de suite. Le cliché vous a pas mal induit en erreur car sur la photo il porte un plaid sur les épaules. Comme je vous demandais pourquoi je postais cette image ici beaucoup d'entre vous ont cru que c'était à cause de ce plaid mais non, je suis beaucoup plus fourbe que ça. 

Je l'ai choisi pour son activité secrète de chroniqueur de mode et défricheur de tendance dans la revue "La dernière mode", activité qui fut brève (1 numéro tous les 15 jours pendant 4 mois) mais qui eut le mérite de le distraire dans une sombre période de deuil. Bien qu'il ait fait appel à certains de ses amis poètes pour écrire quelques vers ou nouvelles dans le journal, il rédigeait toutes les rubriques mode sous différents pseudonymes : il était le rédacteur / la rédactrice en chef Marguerite du Ponty, les chroniqueuses régulières Miss Satin ou Zizzi, et il écrivait lui-même certains courriers des lectrices signant ses remarques ou questions en tant "qu'une lectrice alsacienne", "une châtelaine bretonne" ou encore "une dame créole". Les textes décrivant les vêtements et les impressions que les vêtements lui procurent sont un régal et il y a beaucoup écrit sur les étoffes et la maille.

Je vous disais donc que nous sommes à quelques jours du salon, je serai sur mon stand E129 pour ceux et celles qui auraient l'envie de me faire un petit coucou n'hésitez pas ! Je vais essayer de vous préparer un jeu in situ genre Fort Boyard de la Porte de Versailles pour le samedi ce sera rigolo.

Et j'ai tricoté un peu quand même ! J'ai fait 2 boyfriend Hat en alpaga/plumette et j'ai tricoté 6 rangs de mon cardigan vert en Duvet d'Anjou, et cette fois je n'ai pas oublié de m'enregistrer pour le tournoi de Knittich ! Plein de kits Boyfriend Hat ici ! 

En reprenant le cardigan je me suis fait une réflexion sur tricot sans coutures / tricot avec coutures. En ce moment, c'est la mode du sans couture. Les tricoteurs et tricoteuses réclament du circulaire et rechignent à assembler des tricots. Je n'ai personnellement rien contre le tricot à plat, et je dois même avouer qu'une petite soirée couture devant un bon film ne me déplait pas mais comme je tricote aussi pour vous, je m'adapte et propose une majorité de modèles tricotés en rond.Plein de mailles et la quincaillerie qui va avec

Je reprenais donc mon cardigan que je tricote en 3,25 après l'avoir abandonné 2 bonnes semaines, j'avais donc un nombre certain de mailles sur le cable maintenant que j'avais réuni devants / manches / dos, quand au bout de quelques rangs je me suis dit que quand même j'aurais eu plus de plaisir à le tricoter à plat. Les motifs réclament de la concentration (je me mets des bâtons dans les roues je tricote du vert foncé le soir devant Stranger Things) et j'avoue que les rangs à rallonge parfois me courent sur le haricot. Heureusement ça diminue ça ne devrait pas durer et je vais sûrement me contredire quand j'en serai à faire les saddle en rangs raccourcis parce que j'adore faire ça et que ça on ne peut pas le faire si on coud les pièces.

Ici se cachent 2 bonnets et un châle

Pardon pour ce post bref, je m'en retourne à mes bonnets, j'en ai encore 2 ainsi qu'un châle à tricoter. Je demanderai un mot d'excuse à ma maman qui arrive lundi pour garder mon fils pendant le salon mais je vous préviens aujourd'hui que la semaine prochaine il n'y aura exceptionnellement pas d'article, si vous voulez causer tricot il va falloir venir le faire stand E129 !

A très vite !

 

 

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Mid-week point tricot : soignons-les bien !

Bonjour ! I am back in town baby, après un petit séjour dans ma campagne. Je vous écris avec une sinusite carabinée, bien au chaud dans mon canapé, et je tiens à m'excuser pour la qualité des photos cette semaine qui est raccord avec mon état.

J'ai attaqué la traditionnelle grande campagne de rafraichissement des tricots pour qu'ils soient beaux pour le salon, je pense que c'est bien qu'on parle entretien, sujet assez banal mais toujours préoccupant. Je vais vous faire un récap, pull par pull et donc matière par matière, du traitement impitoyable que je leur fais subir, et vous allez voir il n'y a rien de bien terrible.

La fréquence : je ne sais pas ce que vous faites avec vos pulls, moi je porte toujours quelque chose en dessous je les salis très peu. J'avoue les laver plus pour leur donner un coup de frais — ça requinque les mohairs et ça resserre les bords-côtes qui auraient tendance à se détendre — que pour les nettoyer.

Pour TOUS les tricots, pour le lavage, même procédure chez moi : DANS UN FILET c'est très important : ça évite que les pulls se déforment. Je dis filet mais ça peut aussi être une taie d'oreiller par exemple. On fait attention à ne pas trop mélanger les couleurs parfois ça déteint ou ça échange des petits poils. On met à la machine, programme laine A FROID. Il m'arrive de laver un tricot à la main, si j'en ai qu'un et que je ne veux pas faire tourner une machine pour ça, dans ce cas c'est eau à température ambiante, trempette 20 minutes puis : option 1, c'est un bonnet ou des moufles ou une écharpe fine : direction essoreuse à salade. option 2, c'est un pull : direction le filet et l'essorage à la machine à 800 tours minute. Je suis archi contre l'essorage à la main ou à la serviette. Non seulement j'ai mieux à faire, mais en plus ça déforme le tricot. Mon programme laine n'essore qu'à 600 tours, je trouve que c'est pas assez alors en général je remets un essorage à 800 derrière. Si c'est dans le filet, ça craint rien.

Le détergent : j'utilise du shampoing doux directement dans le tambour, quelques gouttes (la dose que j'utiliserais pour me shampouiner moi même). Soit type Mixa bébé, soit ce qu'il y a dans le placard, en ce moment mes tricots se lavent avec du Klorane à l'avoine. Jamais je n'utilise de lessive spéciale laine : au mieux c'est de la bonne achetée en mercerie, c'est cher, c'est du pur marketing et ça n'a rien de mieux qu'un shampoing doux (mais si ça vous fait plaisir parce que le flacon est joli ou que l'odeur est bonne, c'est très bien, personne ne vous jugera). Au pire c'est plein de machins dedans qui adoucissent la fibre, sauf qu'à la longue ça l'encrasse, le pull va paraitre plus beau pendant quelques lavages puis il va commencer à faire la tête. Un peu comme les cheveux avec les shampooings siliconés. Je n'ai jamais essayé les paillettes de savon de Marseille, je veux bien votre retour si vous faites comme ça, moi j'ai toujours peur que ce soit un peu agressif ou que ça laisse comme un dépôt sur la fibre. Quand je sors les tricots du filet, je les secoue délicatement pour qu'ils se déplient.

Ce qui diffère selon les fibres, c'est le séchage et l'étape salon de beauté.

La pure laine et l'alpaga : ils sont assez lourds quand ils sont mouillés, alors pour qu'ils ne se déforment pas je les fais sécher à plat par terre sur la moquette. Si vous n'avez pas de moquette, vous pouvez mettre une serviette ou un tissu un peu épais. Avec eux, en général, je n'ai rien à faire derrière, un coup de rasoir à bouloche à la rigueur (le mien m'a couté 4 euros chez "Showbizz", le bazar en bas de chez moi).

Le mérinos, et les mélange type Duvet d'Anjou (ou comment j'entretiens mes Docker chéris) : tout pareil que pour la laine et alpaga, séchage à plat, sauf que je trouve qu'eux ont plus tendance à boulocher et méritent donc un coup de rasoir systématique, et un coup de vapeur (j'utilise mon steamer mais du pshit de fer à repasser ça marche bien) pour leur redonner du gonflant. Photo avant / après.

Le lin : le lin supporte très bien le lavage, mais il est capricieux alors je l'épingle à plat au séchage pour redonner une belle forme au tricot. Il aime bien aussi un coup de vapeur pour s'assouplir.

Le coton : je ne lésine pas sur l'essorage avec le coton, puis je le sèche à plat. Le repassage est souvent nécessaire.

Le mohair fin, l'angora et les mélanges légers type "Caresse" : chez moi ils adorent le lavage et retrouvent toujours une super mine après être passés à la machine. Je les secoue bien et je les mets sur un cintre, ils sont légers alors ils ne sont pas déformés par leur poids. Pour les mohairs fins type Plumette et l'angora, rien de plus. Pour la Caresse, parfois un coup de fer ou de vapeur, ça peut froisser légèrement. J'ai déjà trouvé une bouloche après un lavage, 10 secondes de rasoir et on n'en parlait plus.

Le Kid Mohair : mes Shifumi/Paprika/Sailor, je les fais sécher à plat et après ils ont droit à un bon brossage pour faire froufrouter leurs poils. J'utilise une brosse un peu dure à dépoussiérer les vêtements (on en trouve dans les drogueries de quartier, les grands magasins, j'en ai vu chez Merci, à la Trésorerie et chez Maison Empereur si vous êtes plus du sud) mais je pense qu'une brosse à cheveux (en poils pas en plastique) ça fonctionne bien aussi. Je brosse partout, même un petit coup à l'intérieur, pas spécialement délicatement, et ils retrouvent tout leur gonflant.

Les bonnets, chaussettes et petits accessoires : à plat. J'ai quelques paires de chaussettes avec un peu de cachemire dedans, c'est très joli mais j'arrête définitivement. Ca bouloche beaucoup et j'ai la flemme de passer tant de temps à raser des chaussettes, d'autant que je les lave beaucoup. Les bonnets adorent la lessive, parfois avant lavage ils ont le bord détendu et ils ressortent tout ragaillardis.

 

Le point historique est assez peu historique mais plutôt "billet d'humeur" aujourd'hui (mauvaise humeur, mais je suis malade alors j'ai le droit de ronchonner). Samedi c'est pas drôle, vous avez trouvé presque tout de suite ! Il va falloir que je corse un peu le jeu vous êtes trop forts. J'avais posté une image du groupe "Les chaussettes noires", fameux groupe rock'n'roll des années 60. Si j'en suis venue à eux, c'est parce que j'ai découvert au cours de petites recherches que je faisais sur les laines Pingouin que le groupe tel qu'il a été nommé et connu est né d'un accord commercial entre Eddie Barclay et la lainière de Roubaix. Que faisais-je à rechercher des infos sur les laines Pingouin me direz-vous. Je ne m'intéressais pas du tout au Rock mais au phénomène de recyclage de la laine pendant la seconde guerre mondiale. Je me posais des questions existentielles suite à une descente dans mon stash de laines, et par extension à la quantité de pelotes et écheveaux qu'un tricoteur moyen possède de nos jours. Je trouve dingue la quantité d'offres de fils qu'on a : entre les grandes marques, les marques artisanales, les laines des indie dyers... On vit dans un monde d'opulence de fils, tandis que les hashtags "slowlife" ou "simple things" ou autres trucs du genre fleurissent sur certains comptes DIY, et parfois je nous trouve nous les êtres humains bien contradictoires. Bref, tout en faisant des recherches sur le sens de la vie et sur le pourquoi du tricot dans ce monde de fous (une semaine en Auvergne, ça vous remue), je suis tombée sur des infos sur les campagnes de récupération d'ouvrages détricotés par les Laines du Pingouin (une des filiales de la Lainière) pendant la pénurie de fil durant la guerre. On les leur envoyait et ces fils étaient reteints, remis en pelotes et en circulation et on tricotait compulsivement... parce qu'on avait froid et qu'on n'avait pas de quoi s'habiller, et les magazines de mode regorgeaient de modèles astucieux ce qui est une autre de mes préoccupations, la pénurie de vrais modèles de vêtements dans les magazines de DIY au profit de bidouilles et de pages shopping, mais ça c'est encore une autre histoire et un autre bougonnage que je réserve à un prochain rhume. Je trouve ça bien cette idée d'économie de la laine, et aussi l'idée de seconde vie du vêtement. Le tricot on y passe un temps fou et on devrait valoriser, je ne sais pas comment, le détricotage autant que le tricotage et plus d'excuse après cet article pour ne pas prendre soin de vos tricots ! Affiche de 1945

Pour les en-cours, je n'ai pas grand chose à déclarer, j'ai avancé pas mal sur mon écharpe en mosaïque mais je suis très prise par les préparatifs de CSF et j'aurais plutôt des histoires d'imprimeur, de grossiste en sacs de kraft et de stylos de comptoir à vous raconter. Oh si, la nouille que je suis a oublié de valider dimanche son post de fin de match contre les Serpendards lors du tournoi de Knittich... Je vais essayer de me retaper au prochain, je dois tricoter 2 bonnets en vitesse pour mon stand CSF ça fera quelques mètres pour mon équipe...

A très vite !

 

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Mid-week point tricot : le tricot hygiénique, et toutes les nouveautés

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Bonjour ! Je vous écris d'Auvergne aujourd'hui, je regarde tomber les feuilles, il y a du vert du jaune du rouge et du orange, c'est très beau toutes ces couleurs d'automne ça donne envie de tricoter encore plus !

J'ai plein de nouveautés à vous dévoiler mais je vais commencer par la traditionnelle minute historique avec les explications du jeu du samedi. Ce n'était pas l'image que j'avais postée mais j'essaye de varier les plaisirs, vous pouvez la trouver sur mon Instagram. C'était une photo d'une combinaison de dessous du Dr Rasurel exposée au V&A Museum, tricotée en laine et ouate de tourbe. On l'a vu la semaine dernière, le tricot jusqu'à la fin du XIXème siècle était une affaire d'intimité. Omniprésent en pratique il état le grand absent de la représentation du vêtement. Tout ça a changé avec les mentalités et les progrès techniques. En plein boom industriel, les ateliers de confection tournent nuit et jour et les étoffes de maille deviennent de plus en plus élastiques. Les corps se libèrent, on est sportif, on est sain, on porte de la maille et on achète avec fierté son sous-vêtement technique. Les premiers à vanter des dessous sains, anti-bactériens, anti-rhumatismes et bons pour la circulation ont été les Allemands avec la ligne du professeur Jaeger. Les Français ont vite sauté sur l'idée et le docteur Rasurel a lancé sa propre gamme en mélange laine et ouate de tourbe qui chauffe mais laisse respirer la peau. Pour les fans de Proust, sachez qu'il a passé ses années d'isolement dans une chambre aux volets clos, aux murs doublés de liège, aux rideaux et tentures tirés ... emmitouflé dans des lainages du Dr Rasurel. Vous noterez que c'est un phénomène dans lequel nous baignons encore. Toutes les marques ont leur gamme qui chauffe, qui refroidit, qui évacue la sueur, les bactéries, qui diminue l'effort ou fait circuler le sang.

Le moment en-cours maintenant. Je ne suis pas fière de moi. Je suis en plein match contre les Serpentards (dans le cadre du fameux tournoi de Knittich) et je n'avance pas des masses, assez prise par les préparatifs de Création et Savoir Faire. Mon cardigan vert en Duvet d'Anjou est en pause, je le reprendrai quand j'aurai fini les 2 premières pelotes de l'écharpe en mosaïque. L'écharpe donc a avancé, j'ai quasiment fini mes 2 premières pelotes de 150m. Je crois que ce sera un projet au long cours, genre "je fais 2 pelotes entre 2 gros projets" et je vois là en photo 2 rangs où j'ai du me tromper et bien tant pis mes amis. J'ai honteusement monté une énième paire de chaussettes pour Halloween, c'est pas de ma faute j'ai craqué sur cette couleur citrouille chic (c'est pas le vrai nom du coloris) d'Elen Sock de Triskelion chez Les Tricoteurs Volants. Je me suis dit que maintenant que je maitrise le magic-loop, je pouvais me lancer dans le tricot de chaussettes 2 at once. Faut un peu gérer les 2 pelotes au début, mais quand on prend le coup de main pour pas les emmêler c'est assez cool . Je fais encore une paire assez simple avec des mailles glissées, je crois que dans la vie j'aime les chaussettes simples et les mailles glissées.

Allez les trucs nouveaux ! J'ai plein de choses à vous montrer !

Vous souvenez-vous de la Chose rose  ? Elle s'appelle maintenant Amandine car elle est douce et chic comme Amandine Le loup blanc. Si vous trainez un peu sur Instagram vous en verrez bientôt des vertes, des jaunes, des violettes, des blanches ou des grises. Et bien Amandine est en ligne, vous pouvez maintenant vous la tricoter ! Click click sur la photo pour le lien vers Amandine ! 

On a refait quelques photos avec les nouvelles couleurs de bérets, je vous présente Muriel, elle travaille dans le même bureau qu'Amandine et moi chez Lucie et elle envoie du bois avec un béret sur la tête (et pas que). click click sur la photo 

Vous souvenez-vous du châle Flopsy ? On avait fait un kit fête des mères patron + fil La Droguerie + beau sac et belle linogravure. Vous pouvez maintenant trouver le patron et le fil sur le site ! Je vous préviens c'est un modèle de châle ... de la fille qui n'aime pas trop les châles, et pourtant j'en ai tricoté plusieurs d'affilée et je le porte presque tous les jours. Le magic-loop, les châles, oula attention Alice ... Click click pour Flopsy ! 

Avez-vous vu passer des rayures rouges et blanches et des paillettes cet été sur mon Instagram ? Aujourd'hui parait le Marie-Claire Idées de Noël et dedans vous retrouverez 2 modèles pour faire la fête à paillettes : les marinières Charlotte et Baby Charlotte, un modèle femme et un modèle enfant en Duvet d'Anjou et Pétillante de La Droguerie ! Et j'ai la joie de vous annoncer qu'il y a quelques semaines, j'ai tourné chez Artesane un cours de la marinière enfant. Si c'est votre premier pull sans coutures ou en topdown, on va décortiquer ensemble dans la video toutes les étapes qui font peur ! Click click sur les photos pour les liens vers les kits ! 

Je vous dis à samedi sur IG pour le jeu, et à la semaine prochaine pour les nouvelles fraiches !

 

 

 

Mid-Week point tricot : la prose du patron et la folie du béret

Bonjour ! (Nouvelle) coutume oblige, on commence par la minute historique avec les explications du jeu de samedi dernier. Voici la photo postée, je demandais qui sont ces hommes et que sont ces chapeaux :

Canada knits, Shirley A. Scott

Rendons à César ce qui est à César, j'ai trouvé l'inspiration cette semaine dans un livre offert par Gunjin à son retour de vacances. Ce livre est une mine d'or, je vous conseille de vous tuyauter sur le tricot canadien parce qu'il y a du potentiel pour le Saturday morning knitting game. Ils sont beaux quand même ces hommes tout de laine blanche vêtus. Ce sont donc des joueurs de hockey canadiens, coiffés d'un Tam O'Shanter. Le béret est un couvre chef européen. Les premiers modèles dateraient du moyen-âge et seraient originaires du Béarn. C'est traditionnellement un chapeau tricoté puis feutré pour être bien entendu plus chaud et étanche, mais également pour être plus chic : une étoffe de maille bien feutrée ne se distingue pas d'un tissu de laine, or jusqu'à peu le tricot était réservé à l'intime, et les vêtements de maille plutôt portés dessous que dessus. La Grande Bretagne avec qui la France a toujours entretenu d'étroits liens en a vite fait un de ses must du vêtement : les chasseurs de baleines basques auraient fricoté avec les chasseurs de baleine britanniques et rapporté au pays l'habitude de porter le béret. Là bas il est vite devenu chapeau national et porté des noms aussi variés que "porkpie" (littéralement "tourte au porc", rapport à la forme), "Balmoral" (comme l'une des résidences royales en Ecosse)  ou le plus communément "Tam O'Shanter", nommé d'après le héros écossais d'un poème (pas piqué des hannetons, je vous en conseille vivement la lecture) de Robert Burns fin XVIIIème. Comment nos joueurs de hockey de 1895 se sont retrouvés coiffé du fameux Tam ? Il y a la piste des baleiniers basques, qui ont beaucoup voyagé et dont une grande communauté s'est installée au Canada, mais également tous les colons écossais qui ont apporté avec eux leur garde-robe.

Et je suis très contente qu'on parle de béret, je suis gaga de bérets depuis quelques années. J'ai commencé avec un premier modèle il y a 4 ans, le béret Caroline bicolore (disponible dans Carnet d'hiver) avec son pompon : Click click sur la photo vers le Carnet d'hiver ! 

Ensuite il y a eu le Paris Béret dans Sentimental Tricot, maintenant j'en ai de toutes les couleurs ! Click click sur la photo vers les Paris Béret ! 

Et puis il y a aussi le Tweed, dans le Carnet d'Hiver également, en jacquard 3 couleurs Click click sur la photo vers le Carnet d'hiver ! 

On vous prépare plein de kits colorés pour CSF !

Faisons le point sur les en-cours ! Il faut que je vous parle d'un truc : grâce à quelques désistements, j'ai eu la chance de pouvoir m'inscrire au tournoi de Knittich 2017 organisé par Tricot et Stitch ! Je suis super contente j'ai été admise chez les Poufsouffle, ma maison préférée. J'ai concouru pour mon premier match avec le fameux cardigan vert plein de torsades, j'en suis à 5 rangs après la jonction corps et manches. Je vous dis pas comme j'ai serré les fesses en priant pour que ça tombe bon dans les motifs, mais miracle, ça tombe bon. C'était inespéré étant donné que je suis plutôt détendue du tricot, comme vous avez vu l'autre fois j'ai tendance à me dire qu'on est pas à une maille ni à une ânerie de torsade près. Maintenant les rangs sont longs mais ça va commencer à être marrant de voir l'empiècement se dessiner.

J'ai aussi un peu avancé dimanche soir sur ma chaussette des en-cours abandonnés, j'ai fini la cheville et fait un bout de talon. Je ne fais pas de points trop fantaisie, avec ce beau fil plus c'est simple et mieux c'est.

Et pour mon deuxième match de Knittich qui a commencé hier mardi, j'attaque une écharpe en Loch Lomond de BC Garn (pas de commentaire sur le nombre d'en-cours en cours s'il vous plait merci). Je vais la tricoter en jacquard mosaïque, j'avais fait une écharpe comme ça rouge et blanche il y a longtemps mais je l'ai perdue.

J'ai eu vendredi dernier avec Enrico des Tricoteurs Volants une discussion très intéressante sur la rédaction de patrons. Lui est partisan des abréviations quand moi j'y suis terriblement allergique. Quand je lis env. ou m. ou aug. j'ai les muscles du dos qui se crispent. J'aime bien faire des phrases en français d'autant qu'avec les PDF on n'a pas vraiment à de limites en nombre de caractères. Et du coup on a parlé du Tech Editing puisque ce langage codé du tricot est finalement la façon la plus classique de rédiger les explications. J'ai découvert l'existence des Tech Editors il y a très peu de temps, je crois que ce sont des gens qui relisent et calculent les patrons de tricot, je serais très curieuse si l'un ou l'une d'entre vous me lit de discuter parce que je suis sûre que j'ai plein de choses à apprendre, et je serais ravie également de discuter avec vous les tricoteurs et tricoteuses, de comment vous préférez vos patrons !

A très vite et je peux vous dire que la semaine prochaine, il y aura du nouveau et de l'actualité bien que je serai au fin fond de l'Auvergne loin de la civilisation, c'est beau la magie d'internet !

 

Mid-week point tricot : robotisation du travail et travail du dimanche

Bonjour ! Mon titre est accrocheur en ce jour de grèves pour coller à l'actualité politique mais je vous rassure je reste tricoteuse main et attachée aux dimanches en famille en pyjama.

Je vais commencer par le jeu de samedi ! La réponse a été trouvée très très vite, bravo à mes lectrices si cultivées ! Voici l'image postée, la question était : "pourriez-vous me dire d'où elle est tirée, et pourquoi elle est intéressante pour les amoureux de la maille"

C'est une photo du ballet "Le Train bleu" de Bronislava Ninjiska (accessoirement soeur de Ninjiski) pour la compagnie de Ballets russes. Le livret est de Jean Cocteau, le rideau est de Picasso, mais ce qui nous intéresse ce sont les costumes, tout de maille, de Chanel. Je vous mets une photo en couleur : Coco Chanel a établi sa première boutique en 1913 à Deauville, il fallait plaire aux baigneuses et aux sportives. La maille était donc la matière star de la créatrice. Puis la guerre est arrivée, avec les clientes élégantes qui fuyaient la capitale et qui avaient besoin de tenues adaptées à leur nouvelle vie active. Les hommes au front, les femmes devaient travailler et accueillir et soigner les soldats blessés dans leurs riches demeures normandes et la mode du vêtement "sport" pour la vie de tous les jours est née. Après la guerre, rien ne pouvait devenir comme avant et on ne s'est pas retourné vers la mode d'avant. Les femmes sont restées très actives pour se relever du traumatisme de la première guerre mondiale et les costumes du Train bleu sont vraiment emblématiques de cette période durant laquelle la maille a été l'un des vecteurs d'un grand changement de la femme, de son corps, de son vêtement et de la société en général.

 

Un point en-cours maintenant ! J'ai terminé le corps de mon cardigan vert, c'est du boulot mais c'est trop de joie tous ces points en Duvet d'Anjou. Parce qu'on me l'a demandé à plusieurs reprises, les lignes roses dans le tricot ce n'est pas une autre ânerie (cf. le post de la semaine dernière avec l'affaire de la torsade) c'est l'emplacement des poches ! Je tricote quelques mailles avec un autre fil, à la fin quand je veux faire mes poches je détricote ce fil auxiliaire délicatement ce qui libère les mailles. Les mailles du bas je les relèverai pour tricoter le bord côte de la poche et les mailles du haut je les relèverai pour tricoter le fond de poche. Mais tout ça sera détaillé dans le tuto bien sûr. Je voulais vous montrer un petit accessoire qui peut être bien utile quand on tricote à partir d'une grille : Oui, avant d'arriver jusqu'à vous, mes patrons sont de vrais gribouillis chiffonés.

C'est un chevalet aimanté, je crois que c'est Knit Pro qui fait ça (je n'ai pas d'actions et ce post n'est pas sponsorisé, je donne juste des tuyaux), on peut suivre les lignes avec la petite réglette et il y a des poches pour fourrer des bazars (les bazars c'est la vie). Le mien est cassé il faut que je répare la pression mais c'est sensé tenir debout, c'est pas mal. En plus ça évite que le papier ne se froisse dans le sac.

 

Quand j'ai fini mon corps samedi soir, je me suis rendue compte qu'il ne me restait pas de quoi attaquer une manche puisque, comme d'habitude, j'avais oublié de prendre une pelote pour le weekend au bureau. Comme la semaine passée j'ai ressorti le panier à en-cours (la semaine dernière dans les mêmes circonstances j'ai fini les chaussettes de yoga de Lucie) et dimanche j'ai fini le bonnet de Gaby que j'avais commencé cet été au bord de la piscine. Dimanche soir j'ai donc replongé dans le panier et j'ai avancé ma paire de chaussettes en Fée fil. Et là je me suis dit que j'allais instaurer le "dimanche en-cours qui traine", c'est à dire que dorénavant le dimanche je ne tricoterai que les oubliés du panier. Dans mon cas c'est assez vite gratifiant puisque je n'ai que des accessoires qui trainent je déteste avoir plusieurs gros ouvrages en même temps j'ai l'impression de ne pas avancer. Si ce concept vous intéresse, on peut se créer un hashtag du dimanche des en-cours abandonnés et se donner du courage. Lucie est très souple dès le matin au réveil

Si vous manquez d'en-cours du dimanche ou d'idées rapides pour cadeaux de Noël, mon e-book Carnet d'hiver est disponible sur le site et il contient 21 patrons d'accessoires pour 4 euros ! Cliquez sur l'image ! 

 

Grande nouvelle : je suis super excitée, j'ai reçu cet engin qui vient tout droit d'Auvergne par voie parentale. Vous en avez vous une machine à tricoter ? Je n'en n'ai jamais utilisé, je ne sais pas si ça va me plaire mais ça a l'air très rigolo. Celle-ci est à double fonture, je vais même pouvoir faire du tricot en rond ! Je prends tous vos conseils pour dompter la bête si vous en avez. Et si ça me plait de travailler avec la machine, vous voudriez des patrons adaptés pour machine à tricoter? Il y en avait avant dans les magazines de tricot. Je ne sais pas si ça se fait encore, je suis complètement ignare dans ce domaine, mais il y a peut être de la demande parmi vous.

Je vous laisse, j'ai moult préparatifs à faire pour Création et Savoir Faire qui approche à grand pas ! Vous viendrez nous voir ? Ce sera la fête sur le stand ! Il y aura bien sûr mes chéries qui viennent de loin Léna et Annouchka, Amandine (le Loup blanc), Bernie (In the wool for love) fera des passages ponctuels mais flamboyants, on y croisera sûrement Lucie, Gunjin bien évidemment, ma maman et ma mémé. Venez ça va être bien, et surtout venez nous montrer vos tricots on va organiser des trucs sympa !

 

Mid Week point tricot : de la torsade et de la culotte

Bonjour ! Ceci est un test, ceci est un test : chers abonnés à la Newsletter, recevez-vous ce post correctement ? Il est possible qu'il s'affiche bizarrement et vous pouvez cliquer sur "voir dans le navigateur" pour qu'il prenne la mise en page de mon blog comme d'habitude.

Aujourd'hui je voudrais introduire un nouveau paragraphe qui fera partie des posts de blog hebdomadaires. Si vous me suivez sur Instagram, vous participez peut-être au Saturday Morning Knitting Game (hashtagué #saturdaymorningknittinggame). Tous les samedis matin je pose une question en rapport avec le tricot et le gagnant remporte le patron de son choix. Je pose souvent des colles historiques et c'est assez frustrant sur IG de ne pas pouvoir expliquer un peu la réponse. Je vous propose donc d'écrire ici chaque semaine quelques lignes sur l'objet du jeu du samedi. Samedi dernier, j'ai posté cette photo et la question était : comment ça s'appelle, qu'est-ce que c'est et comment c'est fait. Source : everyday knitting par Annemor Sundbo

Nous avons eu 2 gagnantes : l'une a trouvé le nom et l'utilisation de ce vêtement, l'autre sa fabrication. Il s'agit d'un sous-vêtement appelé "Long John". C'est tout simplement une sorte de culotte longue qu'on porte sous ses habits. On se dispute sur l'origine du mot car certains avancent qu'on l'appelle ainsi à cause de la culotte que portait le boxer John Lawrence Sullivan, et d'autres que l'appellation est plus ancienne et serait une déformation du français "longues jambes". Celui-ci est assez particulier, si vous observez bien vous remarquerez que c'est en fait un pull Gansey retourné et customisé. Moi ça m'émeut, surtout en tant que tricoteuse, de voir à quel point on peut avoir un rapport intime avec les objets et combien on veut les faire vivre jusqu'au bout. On voit que ce tricot a été rapiécé plusieurs fois. C'est quand il n'était vraiment plus portable à l'extérieur qu'il est devenu sous-vêtement. J'adore cette idée qu'après avoir partagé plusieurs années avec son Gansey son propriétaire en a fait une culotte, soit une seconde-peau.

On aime les culottes en tricot ! Cliquez ici : 

Je crois que c'est l'heure de faire un point en-cours, ahum ahum. La bonne nouvelle c'est que j'ai terminé les chaussettes de Lucie ! Je lui ai fait des petites chaussettes sans talon et sans orteils pour aller au yoga et c'était comme toujours un plaisir de tricoter de la Triskelion surtout avec mes DPN préférées (mes préférées de toute la vie pour les numéros fins ce sont les Carbonz de Knit Pro, parce que la pointe glisse bien mais pas le reste de l'aiguille). Je suis malgré tout restée sur ma faim parce que le plus marrant dans les chaussettes c'est quand même de faire les talons et les orteils. Les bords sont un peu en chou-fleur mais c'est pour l'élasticité

La mauvaise nouvelle, c'est que j'ai retrouvé un début d'une autre paire de chaussettes qui se planquait dans un tiroir de mon bureau. Elle n'est vraiment pas très avancée et je pourrais la défaire mais comment résister à cette couleur magique ? C'est le Aimée's Lipstick de la Bien Aimée et vous pouvez même lui demander la référence du rouge à lèvres Chanel assorti. 3 pelotes de Triskelion et à gauche la rose fourbe qui se cachait dans le tiroir ...

J'avance sur mon truc vert et torsadé, pas assez vite à mon gout mais je viens de souscrire à un abonnement à Netflix pour tenter d'augmenter le rendement. Si vous avez des films et séries de prédilection qui vous font avancer le tricot je prends les suggestions ! Vous noterez que j'ai fait une petite erreur dans une des torsades (à droite du tricot)... Je me suis tatée, est-ce que de défais ou pas, mais j'ai décrété que je l'aimais cette petite erreur. Elle ne rend pas le cardigan plus moche, elle me rappellera juste que c'est moi qui l'ai fait avec amour et qu'à ce moment là je me suis trompée et puis c'est tout.

Ici on est fan de torsades, clic clic clic sur les images !

Oh et saviez-vous que Sandra (de l'Echappée Laine) a ouvert une chaine YouTube de techniques de tricot ? C'est ICI que ça se passe !  

A très bientôt !

 

 

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Début de Week Point Tricot : le jour où on s'est réconciliés le magic-loop et moi

Bonjour ! Je tente avec ce post une question aux cracks de l'informatique : vous le savez peut-être si vous y êtes abonné, j'ai depuis quelques mois une Newsletter mais depuis, n'ayant à mon grand désespoir que 2 mains, un cerveau, et 24h pour une journée, je délaisse le blog alors que j'adore ça. J'aimerais essayer de coupler les 2, le blog post serait donc envoyé dans votre boîte mail et je vais y intégrer un récapitulatif des actualités, nouveautés, offres ... Qu'en pensez-vous ? Est-ce que vous auriez des idées de comment faire ça ? Idéalement il faudrait intégrer ce blog Wordpress dans une Newletter Mailchimp. Je prends toutes vos idées !

Etes-vous sur Instagram ? Si oui vous suivez peut-être les péripéties de La Chose Rose, la blouse que j'ai enfin fini de tricoter et à propos de laquelle je vous ai dis "je vais finir demain" déjoués durant. Cette Chose Rose a eu le mérite de me réconcilier avec le Magic-Loop. Normalement je déteste le Magic-Loop. Je trouvais ça galère et je perdais un temps fou à tirer le câble de l'aiguille. Je suis double-pointe addict pour les tout petits diamètre et sinon pour les manches je suis fan des Hiya Hiya 40 cm. Sauf qu'il se trouve que j'ai perdu mes Hiya Hiya de 4 mm et que sur mon lieu de vacances : impossible de se réapprovisionner. C'est le coeur lourd que j'ai du Magic Looper. Et ben figurez-vous qu'après quelques rangs, avec les Chiaogoo et un câble très long (je pense que la top qualité du câble + une grande longueur, c'est le secret) j'ai commencé à bien m'en sortir et j'ai même commencé à aimer ça. C'est une grande nouveauté je ne suis plus une Hater du Magic-Loop. Si ça se trouve la semaine prochaine vous me verrez vanter les mérites de la méthode continentale (non je rigole).

Je me suis bien amusée à tricoter cette blouse. J'ai retrouvé la Caresse qui fait vraiment des caresses aux doigts, j'en avais tricoté plein il y a un an ou 2 et je suis toujours aussi convaincue. Pour une blouse c'est parfait, beau drapé, souple, léger et chaud. Je suis plus ou moins dans une période rose (j'ai acheté un téléphone rose, je suis en train de peindre ma salle de bains en rose...) alors je suis contente avec ma laine. Je me fais aussi plaisir avec une construction sympa, j'ai commencé par l'empiècement avec un de mes points préférés en mailles glissées qu'on utilise souvent pour les talons de chaussettes. J'ai ensuite fait le col (j'aime bien le faire vite on a tout de suite l'impression que le travail est propre) puis j'ai relevé des mailles pour les manches. Enfin j'ai relevé des mailles pour le corps. Vous aimez les constructions un peu marrantes ?

Si j'étais aussi pressée de le terminer c'est qu'un carton de Duvet d'Anjou à la couleur dingo m'attend et que je vais en faire un cardigan avec plein de torsades dedans. Je trouve que c'est trop frustrant de voir la liste de tout ce qu'on a envie de tricoter et de n'avoir que 2 mains. J'avance dessus, lentement mais sûrement, et vous pouvez pas savoir le plaisir que ça me donne de retrouver mon aiguille auxiliaire, plein d'anneaux marqueurs et toute la quincaillerie nécessaire au tricot à points.

Connaissez-vous Cécile et Perlette ? Cécile est à l'Ecole de la Maille et elle fait un stage au bureau avec nous ce mois-ci ! Et ces jours-ci, elle habille Perlette la poupée de La Droguerie qui a froid aux cuisses depuis quelques mois (ma grand-mère me l'a tricotée ce printemps et la pauvre attend toujours sa garde-robe). Quels modèles Alice Hammer x La Droguerie aimeriez-vous voir dans la petite penderie de Perlette ? Cécile est en train de lui confectionner un petit Nuits Parisiennes et c'est plutôt super mignon.

A tout bientôt avec un truc vert et le cerveau entorsadé et une interview de Cécile qui va nous raconter l'école de la maille !

Je vous prie de m'excuser, cette semaine, pour des raisons techniques,  j'illustre mes propos avec des images que vous avez déjà vues sur Instagram. Cela ne se reproduira pas (trop j'espère) .

 

Nos patrons & vous ...

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Bonjour ! Si, pauvre de vous, vous n'étiez pas parti en weekend prolongé sans connexion internet, vous avez peut-être vu passer ou réagi à un de mes post instagram (c'était l'image qui est actuellement en haut de cet article).

Je fais un petit récapitulatif de l'évènement : un client nous a alertés vendredi soir, quelques designers et moi, qu'un groupe de tricoteuses couseuses qui se réunissent régulièrement pour des Tricothés avaient créé, sur une plateforme qui s'appelle Hubic, des dossiers avec plein de patrons couture, broderie, DIY, crochet et tricot pour pouvoir se les échanger. Le principe est simple, on se connecte, on peut remplir les dossiers avec ses propres PDF et télécharger à volonté tout ce qu'il y a dedans. C'est comme un dossier normal dans un ordinateur sauf qu'il est partagé. On a pu y rentrer, il y avait 10,56G de documents dedans. Il y avait sûrement beaucoup de doublons car les patrons étaient classés par type (cardigan, femme, designer ...) mais quand même, y avait de quoi tricoter toute la vie. Plusieurs personnes de la même ville, suite à mon post, m'ont signalé que lors de tricothés une mercerie revendait des patrons illégalement. Elle les achète une fois, les imprime et les propose à  la vente aux clients. Il n'y a apparemment pas de lien entre la mercerie et le groupe qui s'échange les patrons sur internet.

Je ne raconte pas ça pour refaire l'histoire, cette affaire est terriblement banale. On vend des chose duplicables à l'infini, dématérialisées, et on n'a aucun moyen de contrôler ce qui se passe avec une fois qu'ils sont en ligne. On ne peut compter que sur votre bonne foi à vous, nos clients, et sur celle nos partenaires privilégiées : les merceries.

Cette affaire, j'ai envie qu'elle se transforme en quelque chose de positif. Je pense qu'on peut agir si on travaille main dans la main les designers, les merceries et les clients. Dans un futur très proche, je propose que se mettent en place 3 choses :

1 - un label "mercerie amie des designers". Il y en a heureusement plein qui nous défendent et vous ne doutez pas de la pression qu'elles subissent de la part d'une partie de leur clientèle. Pas mal de personnes ne comprennent pas que si on achète le fil, le patron ne soit pas offert. Je comprends l'idée, je comprends la tentation de céder et de faire une petite copie de pdf pour faciliter (ou meme conclure car des clients claquent la porte quand la mercerie refuse) une vente. Je sais que pour les merceries, c'est pas facile non plus. Je crois que parmi toutes les professions de commerce, la mercerie est celle qui gagne le moins, le mercier arrive à se dégager en moyenne un salaire de 1100 euros mensuels (message subliminal, ne laissez pas mourir les merceries, oui vous pouvez trouver la laine moins cher sur le net mais vous ne bénéficierez pas du conseil des pros et de la jolie boutique qui a un loyer à payer... et, pratique odieuse mais répandue, on sait que c'est tentant d'aller regarder les coloris en boutique pour après acheter en ligne). Je pense que ce serait bien que les merceries qui ne cèdent pas à cette facilité soient répertoriées afin que les clients aillent faire leurs achats en connaissance de cause. Je crois qu'il faudrait afficher un joli macaron sur leur vitrine, et peut être qu'une sorte de charte pourrait aussi apparaitre quelque part. Les clients sauraient où ils mettent les pieds et arrêteraient peut être de réclamer des patrons gratuits s'il était affiché quelque part qu'ici on ne copie pas de patrons, ni de livres, qu'on ne laisse pas prendre en photo les livres, et que le travail des designers est précieux et qu'on a pas le droit de vendre le produit fini tricoté à partir de leurs modèles (on y reviendra). La liste de ces merceries pourrait aussi être disponible en ligne, et nous les designers, mais aussi les blogueurs, on pourrait mettre le lien sur nos sites pour informer les clients.

2 - une liste noire des merceries Je suis très partagée dans mon moi intérieur sur ce principe, la délation c'est pas joli. Mais je n'ai pas envie d'envoyer mes clients chez des gens qui volent mon travail (ou celui de n'importe qui) pour vendre leur fil ou leur tissu c'est un peu comme un boulanger qui vole la farine pour faire son pain (dédicace à Blanche Gardin pour l'allégorie du boulanger). De plus suite aux évènements de ce weekend, j'ai reçu un nombre assez fou de messages de clients qui connaissent des merceries qui refilent des patrons sous le manteau et que ça révolte et qui ne savent pas quoi faire. Moi je dis faisons quelque chose quand même le but n'étant même pas de punir mais de sensibiliser. Il y a des merceries qui copient les patrons. Il y a des merceries qui copient les modèles et changent le fil et le nom et les revendent sous forme de kits patron + laine. Il y en a qui vendent les objets finis tricotés à partir de nos patrons mais on reviendra dans le paragraphe suivant sur cette pratique et ce n'est que grâce à nos clients qu'on peut le savoir, à moins que des merceries se mettent elle même sur liste noire mais j'ai des doutes là dessus.

3 - une texte de sensibilisation qui serait imprimé sur tous les patrons Je pense qu'il faudrait être beaucoup plus explicites sur nos patrons (toute nature d'ouvrages confondus). Il faudrait que soit écrit noir sur blanc ce qu'on a le droit de faire ou pas. Moi je ne le fais pas. Je pensais que le ©Alice Hammer suffisait mais non, j'ai trouvé des blogueuses qui vendaient mes modèles tout tricotés. Alors j'ai ajouté "réservé à un usage privé exclusivement" mais ça ne suffit pas non plus. Je pense qu'il faudrait une demie page de texte qui rappelle tout simplement la loi, et peut être au bas de chaque page un "si vous avez ce patron entre les mains et que vous ne l'avez pas acheté sur site du designer ou sur plateforme type Ravelry, vous êtes dans l'illégalité merci de vous référer à la page numéro de la page où il y a le texte. Enfin un truc dans ce goût là. Ca n'empêchera pas les gens de copier, mailer et partager. Mais si ça sensibilise même 3 personnes, c'est pas perdu.

Je fais ces propositions très sérieusement, et j'invite tous les gens qui se sentent concernés que ce soit pour du tricot, du crochet, de la couture ou de la broderie à me contacter pour faire avancer la réflection.