Le vrai Club Tricot en papier est né !

Bonjour ! 



Cette semaine je suis très heureuse, puisque je peux enfin tenir Club tricot entre mes mains ! J’ai expédié toutes les précommandes, j’espère qu’il est arrivé chez tout le monde ! 

Au cours des prochains jours, je vais détailler un peu plus chaque modèle . Ça va se passer sur IG et sur Facebook, vous pourrez voir les belles versions colorées grâce aux photos de mes chers testeurs et testeuses. 

En parlant de Facebook je fais une petite parenthèse, j’ai ouvert la semaine passée un groupe ICI, pour que vous puissiez partager vos photos et vos questions sur les tricots Alice Hammer. C’est un groupe qui n’est pas public, c’est à dire que je valide moi-même les inscriptions et que seules les personnes du groupe peuvent voir vos publications. Pratique si vous cachez votre passion dévorante pour le mohair à votre boss par exemple.

J’ai réalisé mon premier vrai direct Instagram jeudi dernier, et j’ai adoré ! Je veux vous remercier pour toutes vos questions et pour vos gentils mots, c’est vraiment chouette de pouvoir échanger sous cette forme et je compte renouveler l’expérience. Si je vous dis que mon prochain direct sera la visite guidée de ma bibliothèque tricot (dès que ma maison ne sera plus en travaux) ça vous tente ? Si vous avez des suggestions de thèmes, même la potée auvergnate (c’est pour voir si Caro suit), n’hésitez pas à les proposer en commentaires.


Ce direct a été une source d’inspiration pour l’article d’aujourd’hui, puisque j’ai reçu une question qui m’a interpellée. Je n’ai plus le nom de la personne qui l’a posée, si elle a envie de lever la main en commentaire c’est possible. On m’a donc demandé « pourquoi un livre auto-édité alors que je gagne plus d’argent avec les PDF à l’unité ». Ca m’a interpellé parce que c’est plutôt une question qu’on va se poser entre designers, et comme je sais que vous êtes souvent intéressés par les coulisses de ce très particulier univers qu’est le monde du tricot, je vais développer un peu. 


Les 2 paragraphes suivants vont répondre à la question de l’auto-édition. 

Le monde de l’édition, c’est dur. plus de 40% des auteurs à plein temps, même les connus, vivent sous le seuil de pauvreté. Alors pour nous les auteurs du dimanche, ceux du loisir créatif, je vous laisse imaginer le tableau mais je vais quand même vous donner quelques chiffres qui n’engagent que moi pour que vous imaginiez mieux, si certains de mes collègues veulent témoigner ce sera avec plaisir ! 

Je suis vraiment une auteure du dimanche puisque je n’ai qu’un livre, Sentimental Tricot, à mon actif. Sentimental Tricot c’est presque 2 ans de travail. Je suis rémunérée en droits d’auteurs, c’est à dire que je n’ai pas reçu de salaire pour faire cet ouvrage, je gagne un peu de sous à chaque fois qu’il s’en vend un. Je gagne 6% du montant HT du livre. C’est pas si mal payé, on m’a déjà proposé des 2% chez d’autres éditeurs. Le prix HT du livre est de 28€44, je gagne 1,7€ pour chaque exemplaire vendu en France, 1,1€ pour chaque exemplaire vendu à l’étranger (les droits baissent à l’export). J’ai vendu selon mon dernier relevé 1675 ouvrages France et export compris. J’ai gagné, considérant donc les ventes France et export, dans les 2200 € depuis sa parution en janvier 2016. Mon éditeur et tous ne le font pas, m’avait tout de même payé un à valoir de 4000€ sur droits d’auteurs. C’est à dire que même si le livre ne se vend pas pour 4000€ de droit d’auteur (à peu près 3000 exemplaires) j’aurai quand même eu cette somme. Et je ne toucherai rien de plus que cette somme perçue en 2016 tant qu’on n’aura donc pas dépassé les 3000 exemplaires. Mon livre se vend mal car il est assez mal distribué dans les merceries (il n’est pas facile pour les boutiques de les commander) le réseau de chez Glénat est plutôt orienté grande distribution, ça fonctionne très bien pour des ouvrages débutants mais pas du tout pour Sentimental Tricot. Il n’a pas été non plus traduit en anglais, j’espère que ça arrivera un jour. Et les éditeurs sortent un maximum de titres pour occuper le marché ce qui ne fait pas vivre longtemps les ouvrages. Les merceries achètent les livres très cher et ne gagnent presque rien quand elles vous en vendent un. Là aussi, si une mercière ou un mercier passe par là, il ou elle peut témoigner, je mettrai l’article à jour. 

Évoquons maintenant le monde de la presse, puisque mon Club tricot pourrait s’apparenter à un magazine. Là, pour les designers c’est aussi un grand flou. Je ne peux parler que des magazines français, je n’ai jamais eu de modèle publié dans les magazines étrangers je ne connais pas ni les tarifs ni les retombées réelles d’un Laine ou d’un Pompom par exemple. Pour ceux qui ont déjà participé, est-ce si intéressant que ce que l’on peut croire sur les réseaux sociaux ? 

Les petits magazines payent, car ils ne peuvent pas attirer  le créateur avec le nombre de numéros vendus. Ils payent un tarif symbolique, allant de 75€ à 300€ (c’est ce quoi m’a souvent proposé) ce qui n’est pas cher payé. Un modèle me prend en moyenne 4 semaines de travail, 4 semaines pour 300€ bruts (on a des charges comme tout un chacun), ça ne paye pas le loyer, les courses, ni les cartes pokémon des enfants. 

Les « gros » magazines ne payent pas, comptant sur la visibilité qu’offre la parution. J’ai essayé plein de fois, quand ils n’oublient pas carrément de mettre mon nom ils tronquent mes explications ce qui ne me fournit pas la bonne publicité escomptée, ou mon nom se retrouve sur un modèle qui n’est pas de moi, bref pour ma part (et encore une fois ça n’engage que moi), ça n’a jamais été concluant et ma résolution 2019 est de ne plus jamais travailler gratuitement étant donné qu’à part le fait que ma maman et ma mémé sont fières, JAMAIS JAMAIS ça n’a été récompensé, il m’a fallu 5 ans pour intégrer ce fait, et là je fais un gros bisous à tous les free-lance illustrateurs, graphistes, designers et autres qui me lisent et qui peuvent aussi témoigner dans les commentaires pour qu’on arrête de croire que ça rapporte quelque chose. 


Voilà pourquoi je préfère, malgré les coûts et l’énergie que ça demande (je ne dis pas que les éditeurs volent les auteurs, il travaillent dur aussi), tenter l’aventure de l’auto-édition, je ne peux pas me permettre en ce moment de fournir le travail nécessaire à un livre avec le cours actuel du droit d’auteur, et surtout auprès d’éditeurs qui ne jouent pas toujours le jeu de la défense et de la vente des ouvrages sur le long terme, tout occupés qu’ils sont à sortir un maximum de titres pour occuper le marché.

Maintenant, je vais répondre plus précisément à la question qui m’a été posée. J’ai voulu tenter l’aventure de Club Tricot parce que : 

- j’aime les livre, j’aime le papier, j’aime l’encre, j’aime lire. Avec un Club Tricot imprimé, un client devient un lecteur et je crée une nouvelle relation avec lui. 

- je pense au long terme : certes un PDF fait rentrer, sans frais d’impression, 8€ dans la caisse (en réalité c’est plutôt 4€ après les taxes et les charges, mais je ne veux pas trop m’en plaindre, je suis assez contente d’avoir la sécurité sociale et une bonne école publique au coin de la rue). Mais moi je compte sur cette nouvelle relation que je crée avec le lecteur pour faire de Club Tricot sur la durée un rendez-vous attendu. Je me dis que la personne qui reçoit son exemplaire va le toucher, le mettre dans sa bibliothèque, le feuilleter, le réutiliser… j’ai l’impression de rentrer un peu chez elle. 

- j’aime mes amis des merceries. Je suis ravie de pouvoir développer une nouvelle relation avec mes collègues, et de pouvoir à ma petite échelle contribuer à la palette de ce qu’ils et elles peuvent proposer en magasin. J’ai essayé de mettre en place un prix revendeurs juste pour eux aussi, pour que mon ouvrage ne soit pas juste comme ce qu’un magazine ou un éditeur nous fait miroiter « tu gagnes pas d’argent dessus mais avec mon catalogue tu vas vendre de la laine » mais soit pour eux un produit à part entière. 

- j’aime mes amis lainiers, j’en ai déjà assez parlé mais c’était vraiment bien de travailler sur un projet cohérent avec d’autres gens. 


J’espère donc que cette aventure, qui est certes coûteuse financièrement et chronophage à court terme mais déjà enrichissante en terme de développement de mon activité, va m’ouvrir de nouvelles connexions avec vous et avec le monde du tricot. Là c’est le premier. Je vais sûrement devoir ajuster des choses pour enrichir le contenu de mon Club Tricot, je ne me ferme pas par exemple à l’idée de faire participer d’autres designers même si je me refuse à ne pas ou mal payer les gens et c’est bien pour ça que pour le moment je fais tout seule, à intégrer pourquoi pas peut-être un jour un petit peu de publicité choisie pour pouvoir rajouter quelques pages et donc des articles (de moi ou d’autres) ou des modèles, enfin c’est un projet qui pour moi ne peut que grandir ! 


Et si jamais ça ne marche pas, si la formule n’est pas la bonne, je suis sûre que j’aurai encore 1000 autres envies et idées ! 

Si vous souhaitez commander votre numéro, c’est possible ici :

Club Tricot n.1 : Un hiver éclatant (print)
24.50
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Et retrouvez-le tout bientôt chez vos merciers et mercières préférés :

PARIS
Les Tricoteurs volants, 22 rue de la Fidélité, Xe
L’Atelier de la Création, 27 rue des Plantes, XIVe
L’Atelier de la Création, Galerie Bellefeuille, 103, Boulevard Jean Jaurès, 92100 Boulogne-Billancourt

LA ROCHELLE
Mercerie l’Aiguillée, 8bis Rue des Bonnes femmes

LYON
L’Atelier de la Création, 13, rue de l’Arbre Sec, Ier

VICHY
Maille Shop, passage Clémenceau

BORDEAUX
L’Atelier de la Création, 41 rue de cheverus

GRENOBLE
Lanae Tricot, 5 Rue Genissieu

BREST
Chez Annette, 26 Rue J-B Boussingault

TOURCOING
Bouts de laine & cie, 118 Rue du Pont de Neuville

RENNES
Ecolaines, 25 rue des maréchales, Route de Lorient, 35132 Vezin-le-Coquet

DIJON
Le Lièvre Blanc, 2 Rue Jeannin

COGNAC
My little mailles, 28 Rue Henri Fichon

HONFLEUR
Ergastine, 2 Place Saint Léonard

ANVERS
Julija’s Shop, Nationalestraat 118

BRUXELLES
Kaleidoscope, Avenue Adolphe Demeur 18, 1060 Saint-Gilles

NAMUR
Atelier 53, Rue des Carmes 53

SUR LE WEB
Madlaines
Mercerie Chérie
Laines and Co (le joli petit camion !)